Transition énergétique : une priorité pour les entreprises franciliennes ?

Instabilité des prix, aléas sur les sources d’approvisionnement, pollution, changement climatique…, l’énergie est devenue un enjeu stratégique. Mais alors qu’une forte ambition politique est affichée pour mener la France vers la transition énergétique, pour une grande majorité des PME franciliennes, la réduction des consommations d’énergie n’est pas une priorité. Focus sur l’étude du CROCIS publiée en juillet dernier.

Globalement, moins d’un tiers des entreprises envisage de prendre des dispositions en matière d’économies d’énergie, jugeant ces investissements non prioritaires à 65 %. La faible part du coût de l’énergie dans les charges globales de la majorité des entreprises explique sans doute ce désintérêt, d’autant que les actions les plus rentables ont déjà été engagées, notamment dans l‘industrie. A noter toutefois que plus la taille de l’entreprise augmente, plus elle projette d’investir dans cette voie.

Pour les entreprises s’engageant à réduire leur consommation d’énergie et ce, quels que soient leur taille et leur secteur d’activité, leurs actions visent en priorité l’amélioration de la gestion des équipements électriques tels que les ordinateurs, l’éclairage, etc. Elles portent, en second lieu, sur la rénovation thermique des bâtiments et la modification du système de chauffage.

L’adaptation des process de production est également un axe d’action pour plus du tiers d’entre elles. Enfin, la révision des politiques de transport et de logistique arrive en quatrième position et concerne essentiellement les grandes entreprises et le secteur de la construction.

L’enquête révèle également que plus de 90 % des entreprises interrogées sont satisfaites de la qualité de l’électricité fournie. En outre, une grande majorité d’entre elles ne projette pas de mise en concurrence de ses fournisseurs d’énergie. Là encore, le manque d’enjeu du coût de l’énergie pour la plupart des entreprises explique sans doute cette situation.

Enfin, près de 35 % des entreprises interrogées se disent prêtes à réduire ou suspendre temporairement leur consommation électrique en cas de pics de consommation. On constate d’ailleurs un essor accru de cette démarche, appelée « effacement » et facilitée par le développement des réseaux et des compteurs intelligents.

En révélant que la réduction des consommations d’énergie, point clé de la transition énergétique, n’est pas une priorité pour la majorité des PME franciliennes, qui considèrent qu’elles ont déjà réalisé les économies d’énergie possibles et qu’aller plus loin ne serait pas rentable, cette enquête met en évidence leur manque d’informations et de financements.

Consultez l’étude du CROCIS « La transition énergétique, un enjeu stratégique pour les entreprises franciliennes ? »

Le 13/10/2015