Le 15 avril 2011

Dividendes et primes salariales : une liaison dangereuse

La CCIP réagit à la proposition d’accorder une prime de 1 000 € aux salariés de toutes les entreprises distribuant des dividendes.

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Dividendes et primes salariales : la liaison dangereuse - Téléchargez le communiqué de presse de la CCIP

 

La résurgence du débat sur le partage des résultats des entreprises et, plus particulièrement, la perspective de lier distribution des dividendes et primes exceptionnelles aux salariés provoquent un profond sentiment d’incompréhension de la part des chefs d’entreprises.

La Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris (CCIP) rappelle que le dividende est la rémunération du capital comme le salaire est celle du travail, et qu’il existe de très efficaces systèmes de partage du profit en France. Elle souligne également que les entreprises françaises ont fait de considérables efforts pour sauvegarder l’emploi durant la crise et que le retour de la croissance n’a pas encore effacé l’impact de ces efforts dans leurs comptes.

La perspective d’accorder une prime de 1 000 € aux salariés de toutes les entreprises distribuant des dividendes est une source majeure de confusion, car ces deux formes de revenus ne peuvent évoluer de façon parallèle.

Pour Pierre-Antoine Gailly, président de la CCIP, « Ce débat méconnaît la diversité du tissu économique français, et continue d’assimiler la situation de nos entreprises à celle des grands groupes cotés et mondialisés. Le dividende est bien souvent une partie essentielle, voire unique, du revenu du dirigeant de petites sociétés. »

Par ailleurs, alors que des dispositifs légaux et contractuels existent déjà dans les entreprises de plus de 50 salariés, cette disposition pénaliserait particulièrement les petites sociétés non encore remises de la crise et confrontées à des difficultés persistantes d’accès aux financements externes.

La Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris estime qu’il convient d’abord de retrouver la croissance avant de s’interroger sur le partage de ses fruits. Ce partage serait facilité si l’Etat l’assortit de mesures fiscales et sociales.