Retour au plein emploi : une urgence nationale

Avec un taux de chômage supérieur à 10 %, la France affiche l’une des plus mauvaises performances des pays de l’OCDE. Alors même que, depuis 40 ans, tous les politiques ont fait de l’emploi leur priorité. Doit-on pour autant s’arrêter à ce constat en prétextant que « tout a déjà été essayé » ?

Certainement pas, affirme l’étude Retour au plein emploi : des convictions fortes au service d’une urgence nationale, portée par Jean-Paul Vermès, vice-président de la CCI Paris Île-de-France en charge de l’enseignement. S’appuyant sur son expertise de terrain et sur le témoignage de chefs d’entreprise confrontés aux difficultés de trouver les profils nécessaires à leurs activités, la CCI propose 16 pistes d’actions pouvant engendrer 1 à 2 millions d’emplois.

L’emploi ne se décrète pas. C’est l’entreprise qui le crée. Il faut donc supprimer les entraves à son développement.

Lever les obstacles à la création et au développement d’entreprises

La lutte contre le chômage doit passer par la création et le développement de nouvelles entreprises. Dans une économie en profonde et rapide mutation, il faut accepter la disparition d’activités anciennes et surtout, favoriser la création de nouvelles car près de 80 % des biens et services qui seront consommés dans dix ans restent encore à inventer. Il est donc impératif d’offrir un cadre favorable à l’émergence d’acteurs innovants pour que ces nouveaux produits soient conçus et fabriqués dans notre pays.

Les ingénieurs sont et seront les créateurs de ces produits. Il faudrait donc créer de nouvelles écoles d’ingénieurs avec des structures entrepreneuriales intégrées facilitant la transformation de l’idée en produit. De même, pour renforcer l’efficacité de la R&D et favoriser la mise sur le marché des innovations en découlant, la CCI Paris Île-de-France propose de spécialiser les petites universités sur des thèmes étroits de recherche et de les insérer dans un écosystème entrepreneurial dynamique.

Autre piste : l’impression additive (3D) permettant de répondre à la demande accrue des consommateurs en produits individualisés, la France doit favoriser son développement afin de relocaliser certaines productions.

Lever les freins fiscaux et sociaux à la création d’activités et d’emplois

Le principal artisan du plein emploi étant l’entrepreneur, pour favoriser la création de nouvelles entreprises, leur permettre de croître plus vite, lever leurs réticences à embaucher, leur donner les moyens financiers de leurs ambitions, il est impératif de créer un environnement fiscalo-social incitatif.

En particulier, pour développer le nombre d’ETI, très créatrices d’emplois, la CCI propose de réduire les contraintes sociales, réglementaires et fiscales quand l’entreprise grandit, au lieu de les augmenter. Si ces entreprises créaient 10 % d’emplois, cela ferait 300 000 emplois nets supplémentaires.

Il faudrait aussi faciliter les conditions de rupture du contrat de travail pour les entreprises embauchant un premier salarié ; la complexité et le coût d’un licenciement les dissuadant bien souvent de recruter. Si 20 % des TPE sans salarié créaient un emploi, ce seraient 500 000 emplois supplémentaires.

Lever les contraintes pesant sur l’emploi dans l’entreprise

Si c’est bien grâce à l’entrepreneur et à un environnement favorable que l’on pourra faire reculer le chômage, c’est aussi au sein même des entreprises existantes que l’on pourra trouver des leviers d’action.

Par exemple, pour inciter les entreprises à embaucher, dans le cadre de contrat de stage, les chômeurs les plus éloignés du marché du travail, il faudrait redéployer les moyens de la politique de l’emploi pour financer leur insertion dans l’entreprise. Car seule l’immersion dans un monde professionnel marchand les remettra en selle.

Autre proposition : pour encourager l’entrepreneuriat féminin, il faut mettre en place des dispositifs qui rétablissent une égalité de traitement entre les femmes salariées et les femmes chefs d’entreprise. Cela passe notamment par un alignement de la prise en charge financière de la maternité.

Enfin, si les français sont très productifs par heure travaillée, le nombre de celles-ci est insuffisant. Il faudra l’accroître.

Le chômage n’est pas une fatalité. Les États-Unis, le Japon, l’Allemagne ou encore le Royaume-Uni ont aujourd’hui des taux de chômage proches de 5 %. Focalisons donc nos actions sur la croissance de l’activité, les emplois suivront…

Consultez l’étude Retour au plein emploi : des convictions fortes au service d’une urgence nationale

Le 03/12/2015