février 2019

Les technologies numériques changent aujourd'hui la manière de produire, vendre et consommer les services. Cette mutation est de mieux en mieux comprise des entreprises françaises. Mais pour diverses raisons qu'un Groupe de travail de la CCIR a analysées, elles fonctionnent encore largement sur le modèle de l’économie pré-servicielle : leur business model reste, en grande part, centré sur le produit ou n'est pas encore suffisamment défini à partir du client et de ses usages. C'est ce défi de la transformation servicielle qu'il leur faut relever.

 

Depuis plusieurs décennies, un ensemble de mutations technologiques, économiques et sociétales contribue à faire basculer l’économie mondiale dans une dynamique servicielle qui concerne, à la fois, pays émergents et pays industrialisés. Aujourd’hui, grâce aux technologies numériques, des services peuvent être produits, vendus et consommés par tous les secteurs : primaire, secondaire et tertiaire. Les plateformes numériques sont venues éclairer mais aussi soutenir ce mouvement. Quelles que soient les solutions proposées autour de la mobilité, l’accès aux biens de grande consommation, la sécurité, la maintenance industrielle, la santé, l’efficacité énergétique, la smart city…, la façon de délivrer un service a aujourd’hui complètement changé. Et cela va plus loin car les services s’adaptent aussi aux nouveaux usages (location, abonnement, partage plutôt que propriété).

La France n’échappe pas à cette puissante transformation où le service tend à tirer le bien alors que le bien tendait, par le passé, à tirer le service. Économie où le tertiaire est fortement développé, elle semble bien placée pour relever ce défi tant à l’échelle sectorielle qu’à l’échelle des entreprises. Mais ce serait oublier que l’économie servicielle va bien au-delà d’une économie tertiaire. Si celle-ci emprunte largement à plusieurs modèles économiques (plateformes, immatériel, fonctionnalité et effets utiles), elle a aussi des caractéristiques et des leviers qui en font un modèle bien spécifique encore en construction.

On comprend alors que la transformation des business models des entreprises pour servir utilement le client n’est pas un long fleuve tranquille. Ce processus se heurte, comme toute transformation, à des barrières d’ordre technologique, stratégique, socio-culturel voire éco-systémique ou réglementaire qu’a identifiées, dans différents secteurs, le Groupe de travail de la CCIR sur "la dynamique servicielle".