L’emploi qualifié stimule la productivité et la croissance en Île-de-France

Pascale LEROI (IAU-îdF) et Emmanuel THIOUX (Insee Île-de-France)
200
février 2018
L’Île-de-France reste le principal moteur de l’économie française avec une contribution avoisinant un tiers du PIB hexagonal. Depuis 1990 et surtout après 2008, l’écart entre le PIB par emploi francilien et celui des autres régions s’accroît. Cette forte productivité du travail, spécifique à la région, est en partie le fruit d’une spécialisation de l’économie francilienne dans des secteurs à haute valeur ajoutée. En témoigne la présence accrue d’emplois qualifiés, principalement des cadres des « fonctions métropolitaines ». Ces fonctions stratégiques pour l’économie représentent en effet les trois quarts des emplois supplémentaires entre 1990 et 2014.

 

En 2014, le PIB de l’Île-de-France s’élève à près de 650 milliards d’euros en valeur et 630 milliards d’euros en volume. La région capitale continue ainsi d’occuper le premier rang national en concentrant 31 % de la richesse créée en France métropolitaine.

L’évolution du PIB est plus rapide en Île-de-France qu’en province depuis 2008

Entre 2008 et 2014, l’augmentation du PIB francilien est de 4,1 % en volume alors qu’en province elle est seulement de 1,6 %. L’Île-de-France n’est pas pour autant la région française ayant connu la plus forte croissance depuis la récession de 2009.

PIB par habitant : l’écart avec les autres régions s’est creusé depuis 1990

En 2014, le PIB par habitant francilien (53 900 €) dépasse de 94 % la moyenne des régions de province (27 800 € en 2014). Par ailleurs, l’écart entre l’Île-de-France et les autres régions s’est creusé depuis 1990 : le PIB par habitant francilien excédait de 74 % la moyenne des autres régions.

Le PIB par habitant francilien augmente moins vite depuis la récession de 2009

En Île-de-France, l’évolution du PIB par habitant a toutefois fortement ralenti après la récession économique de 2009. Ainsi, entre 1990 et 2007, le PIB par habitant a augmenté de 3,2 % en moyenne chaque année contre + 0,9 % entre 2008 et 2014.

Le PIB par emploi francilien : facteur important de création de richesse

Parmi les différents facteurs constitutifs du PIB par habitant, c’est le PIB par emploi (productivité apparente du travail) qui contribue le plus au niveau élevé du PIB francilien et à sa hausse depuis 1990. L’Île-de-France bénéficie en effet du PIB par emploi le plus élevé des régions françaises (105 500 € en 2014 contre 70 600 € en moyenne dans les régions de province). Depuis 1990, cet écart s’est aussi accru.

Les plus qualifiés portent la croissance de l’emploi

C’est la hausse des emplois les plus qualifiés et des fonctions à haute valeur ajoutée qui contribue le plus à la croissance. En effet, une grande partie des créations d’emploi de la région repose sur les emplois qualifiés de cadres et professions intellectuelles supérieures, qui ont enregistré une croissance annuelle moyenne de 4,7 % (contre 0,9 % pour l’emploi total) entre 1990 et 2014.

Les fonctions à haute valeur ajoutée se développent fortement

Les fonctions métropolitaines (conception-recherche, prestations intellectuelles, commerce interentreprises, gestion et culture-loisirs) ont vu leurs effectifs augmenter, à un rythme presque deux fois supérieur à celui de l’emploi total, respectivement + 1,7 % et + 0,9 % en moyenne par an. Les fonctions métropolitaines renforcent donc leur présence dans l’économie francilienne. En effet, elles passent de 35 % des emplois totaux en 1990 à 39 % en 2014.

Les cadres des fonctions métropolitaines représentent les trois quarts des emplois supplémentaires

En 2014, 1 190 000 cadres travaillent dans les fonctions métropolitaines (CFM), à des postes considérés comme « stratégiques » pour l’économie. La région concentre 44 % des effectifs nationaux de CFM, le double de son poids dans l’emploi total. Les CFM représentent 75 % des créations nettes d’emploi entre 1990 et 2014 en Île-de-France, contre 24 % en province.