L'économie francilienne dans l'attente d'une reprise durable

3e trimestre 2009
Janvier 2010
Une publication
du CROCIS
8 pages
La détérioration du niveau de l'emploi a été plus importante ces derniers mois en Île-de-France que pour le reste du pays. Ainsi, si, sur la France entière, le taux de chômage est resté parfaitement inchangé d'un trimestre à l'autre, il a encore augmenté de 0,2 point entre le 2ème et le 3ème trimestres (à 7,9 % en moyenne sur l'ensemble du trimestre).

Cette augmentation qui est certes limitée par rapport aux premiers trimestres de 2009 (+ 0,5 point puis + 0,4 point) ne doit pas cacher les difficultés persistantes des entreprises ; dans tous les secteurs, celles-ci attendent des signes de reprise durable et surtout plus soutenue. La démographie des entreprises en témoigne : le nombre de créations d'entreprises a continué à bénéficier de l'auto-entreprenariat mais les nouvelles entités créées en dehors de ce statut ont accusé un repli de 20 % par rapport au 3ème trimestre 2008 ; de même, après deux trimestres de baisse, les défaillances d'entreprises sont ressorties en légère hausse (+ 1,7 %).

Conjoncture française

En France, la sortie de récession technique enregistrée dès le 2ème trimestre 2009 s'est confirmée au 3ème trimestre avec, selon les dernières prévisions de l'Insee une nouvelle hausse trimestrielle de 0,3 % du PIB. L'évolution attendue pour le 4ème trimestre est très proche de celles des 2ème et 3ème trimestres (+ 0,4 %) et ne permettra évidemment pas de compenser la forte baisse du 1er trimestre 2009. La variation annuelle du PIB devrait ainsi se situer à - 2,3 %.

Pour le début de 2010, la croissance française devrait rester faible, la consommation, moteur traditionnel de l'économie devant pâtir non seulement de l'allégement des mesures de soutien exceptionnelles de 2009 ("prime à la casse" notamment) mais aussi d'un regain d'inflation et d'une remontée des prix des matières premières. Cette croissance économique molle au cours des derniers mois a à peine permis la stabilisation du taux de chômage à 9,1 % en moyenne au 3ème trimestre et ne devrait pas empêcher une nouvelle détérioration jusqu'à la mi-2010, mais de façon moins rapide qu'au cours des trimestres précédents.

Conjoncture européenne

Selon les dernières estimations d'Eurostat, le PIB de la zone euro et celui de l'Union Européenne, après avoir diminué de 0,1 % et 0,3 % au 2ème trimestre 2009, sont repartis à la hausse au 3ème trimestre (respectivement + 0,4 % et + 0,3 %). Cette sortie de récession technique pour l'ensemble de l'Europe est venue confirmer celles s'étant produites dès le 2ème trimestre en France, en Allemagne et au Portugal notamment.

Contrairement aux trimestres précédents, c'est avant tout les échanges commerciaux qui ont influé positivement sur le PIB (+ 3 % environ que ce soit pour les exportations et les importations) alors que les dépenses de consommation des ménages se sont tassées. Par ailleurs, ce rebond global du PIB européen n'est pas encore généralisé puisque le Royaume-Uni et l'Espagne ont enregsitré un nouveau repli de leur PIB au 3ème trimestre (respectivement - 0,2 % et - 0,3 %). Parallèlement, le taux de chômage a continué à augmenter : fin septembre, il atteignait 9,7 % en zone euro et à 9,2 % dans l'UE (contre 7,7 % et 7,1 % un an plus tôt).