L'économie francilienne moins touchée que le reste de la France

1er trimestre 2009
Juin 2009
Une publication
du CROCIS
8 pages
Comme dans les autres régions françaises et dans le reste du monde, l’économie francilienne a confirmé au 1er trimestre 2009 le coup d’arrêt du dernier trimestre 2008.

Cependant, l’Ile-de-France semble moins impactée que les autres régions. Ainsi, même s’il a nettement augmenté ces derniers mois, le taux de chômage francilien est situé 1,3 point en deçà du niveau constaté au niveau national ; il a été de 7,4 % au 1er trimestre 2009 (il était de 6,7 % au 4ème trimestre 2008), contre 8,7 % en France. De même, l’augmentation du nombre des défaillances est moins marquée qu’elle ne peut l’être au niveau national.

Par ailleurs, comme attendu, le dynamisme des créations est assez remarquable depuis l’instauration du statut de l’auto-entrepreneur : alors que 2007 et 2008 avaient été de très bonnes années, les créations d'entreprises en Ile-de-France ont bondi de 32 % par rapport au même trimestre de 2008 et de 45 % par rapport au 4ème trimestre 2008.

Conjoncture française

Après avoir chuté de 1,5 % au 4ème trimestre 2008, le PIB a reculé de 1,2 % en France au 1er trimestre 2009. Cependant, les dernières prévisions de l’Insee font état de baisses du PIB de moins en moins fortes d’ici à la fin de l’année : - 0,6 % au 2ème trimestre, puis - 0,2 % au 3ème avant une stabilisation au dernier trimestre 2009. Si ces prévisions devaient se confirmer, cela pourrait signifier le début de la sortie de crise. Cependant, sur l’ensemble de 2009, le PIB chuterait fortement de 3,0 % selon l’Insee (- 2,5 % selon COE-Rexecode).

Même si cette baisse peut paraître assez limitée par rapport à d’autres pays, les conséquences sur le marché de l’emploi sont déjà et pourraient être encore plus sévères. Le taux de chômage a ainsi atteint 8,7 % au 1er trimestre et, selon l’Insee, pourrait atteindre 10,5 % en fin d’année (soit son plus haut niveau depuis 1999), près de 700 000 emplois risquant d’être détruits. Cette tendance négative de l’emploi devrait par ailleurs venir impactée la consommation des ménages, qui profite à l’heure actuelle du repli des prix. Ces pressions déflationnistes ne devraient par ailleurs pas durer, les prix devant suivre l’évolution des cours du pétrole qui repartent à la hausse.

Conjoncture européenne

Au niveau européen, contrairement à ce qui s’est passé en France, la contraction de l’activité a été encore plus importante au 1er trimestre 2009 qu’elle ne l’avait été fin 2008. Ainsi, selon les estimations d’Eurostat, le PIB de la zone euro et celui de l’Union Européenne ont diminué respectivement de 2,5 % et 2,4 % au 1er trimestre après avoir reculé de 1,8 % et 1,7 % au cours du 4ème trimestre 2008. Une nouvelle fois, le fort ralentissement des échanges (- 8 % pour les exportations et environ 7 % pour les importations) a particulièrement pesé sur l’activité. Tout cela n’est pas sans conséquence sur le taux de chômage qui, fin mars, se situait à 8,9 % en zone euro et à 8,3 % dans l’UE, l’Espagne étant le pays où il est le plus élevé (17,4 %).

Parmi les principaux partenaires de la France, la baisse du PIB a été très marquée en Allemagne (- 3,8 % ce trimestre) et en Italie (- 2,4 %) alors que la contraction du PIB est plus proche de celle constatée en France au Royaume-Uni et en Espagne (- 1,9 %). Dans ces 4 pays, la baisse du PIB pour 2009 serait en tout état de cause supérieure à 3 %, particulièrement outre-Rhin où elle atteindrait – 5,6 % selon COE-Rexecode.