Le "ni-ni" de l'économie francilienne : ni accélération réelle, ni perte de vitesse

4e trimestre 2013
Mars 2014
Une publication
du CROCIS
8 pages
Même si les quelques signes d’amélioration de l’économie francilienne apparus mi-2013 n’ont pas été remis en cause au quatrième trimestre 2013, ils ne se sont pas non plus affirmés plus clairement.

En l’occurrence, pour tous les secteurs d’activité de l’économie francilienne, les évolutions sont encore hésitantes et fragiles. Ainsi, le nombre de défaillances d’entreprises s’est stabilisé après être reparti à la hausse au trimestre précédent, le taux de chômage s’est réduit de 0,1 point et l’emploi salarié marchand s’est rapproché de son niveau d’avant-crise ; mais, dans le même temps, le marché immobilier est resté atone, l’activité touristique a montré des signes de fatigue et, surtout, la hausse du nombre de demandeurs d’emploi franciliens – même ralentie – ne s’arrête toujours pas.

Conjoncture française

Après avoir subi un énième coup d’arrêt au trimestre précédent (- 0,1 %), l’économie française a ré-accéléré au quatrième trimestre 2013 (+ 0,3 %). En effet, à la hausse de la consommation des ménages, se sont ajoutées les contributions positives du commerce extérieur et, pour la première fois depuis fin-2011, de l’investissement. Par conséquent, sur l’ensemble de l’année 2013, après une stagnation en 2012, la croissance s’est élevée à seulement + 0,3 %.

Les évolutions du PIB sont donc très hésitantes et devraient continuer à l’être dans les prochains mois sur fond de risque de déflation. En tout état de cause, le niveau de l’activité reste insuffisant pour redynamiser le marché du travail : le taux de chômage a certes diminué de 0,1 point au dernier trimestre de 2013 mais il reste très élevé et le nombre de demandeurs d’emploi continue d’augmenter.

Tendances à court terme

Les toutes dernières informations disponibles concernant la conjoncture régionale montrent que l’activité francilienne peine à accélérer : si, jusqu’en novembre dernier, l’industrie se redressait alors que les services peinaient, les rôles sont aujourd’hui inversés si bien que, au global, le manque de dynamisme perdure. L’Ile-de-France ne semble donc, pour l’heure, pas mieux lotie que les autres régions de l’hexagone.

En effet, d’une part, les débouchés hors Europe des entreprises franciliennes les plus tournées vers l’international sont toujours pénalisés par le cours de l’euro qui reste sur sa tendance haussière face au dollar (au-delà des 1,35 $ depuis septembre dernier) ; d’autre part, le chômage (le nombre des demandeurs d’emploi en catégorie A en Ile-de-France ayant encore crû de 1,1 % en février dernier) pèse sur le pouvoir d’achat et sur la consommation des ménages.