L'économie francilienne rattrapée par la crise

4e trimestre 2008
Mars 2009
Une publication
du CROCIS
8 pages
Après avoir relativement bien résisté au ralentissement économique puis aux premières conséquences de la crise, l’Île-de-France a connu un coup d’arrêt marqué au dernier trimestre 2008.

Ainsi, même s’il est toujours situé 1 point en deçà du niveau constaté au niveau national, le taux de chômage francilien a très nettement augmenté en fin d’année, passant de 6,4 % au 3ème trimestre à 6,8 % au 4ème. Dans le même temps, le niveau de l’emploi salarié, dont l’évolution positive avait clairement ralenti depuis début 2008, a certainement atteint son point d’inflexion et a enregistré une légère baisse de 0,1 % au 4ème trimestre ; en glissement annuel.

La hausse de l’emploi salarié ne s’élevait par conséquent plus qu’à + 0,3 % par rapport à fin 2007. Par ailleurs, 18 285 entreprises ont été créées au 4ème trimestre 2008, soit – 7,3 % par rapport au même trimestre de 2008. Le dynamisme des créations devrait toutefois faire son retour au 1er trimestre 2009 grâce à l’instauration du statut de l’auto-entrepreneur. Dans le même temps, les défaillances ont été nombreuses également (+ 16 % sur l’ensemble de l’année 2008) symbolisant les difficultés rencontrées par l’industrie, l’immobilier ou encore la construction.

Conjoncture française

Dans ces dernières estimations (publiées mi-mars), l’INSEE a revu à la baisse le recul du PIB français pour le 4ème trimestre fixé désormais à - 1,2 % (contre - 0,8 % attendu dans un premier temps). Cette évolution pour le dernier trimestre porte l’évolution annuelle à + 0,7 %. Les prévisions pour le 1er semestre sont établies dans la continuité de fin 2008 : le 1er trimestre devrait ressortir à - 1,5 % et le 2ème à - 0,6 % conduisant à un acquis de croissance à fin juin de - 2,9 %). Cette baisse limitée au 2ème trimestre reste toutefois fortement liée à l’efficacité des plans de relance mis en ouvre en France et chez ses principaux partenaires.

Dans le contexte de contraction de l’activité mondial, il est notamment à craindre que les exportations françaises continuent de se replier en 2009.

Parallèlement, le chômage est nettement reparti à la hausse à la suite des nombreuses suppressions d’emploi liées à la forte contraction de l’activité en fin d’année 2008. En 2009, ces suppressions devraient continuer et le taux de chômage pourrait atteindre 8,8 % au 2ème trimestre 2009, soit une hausse de 1,5 point sur un an.

Conjoncture européenne

Selon les dernières estimations d’Eurostat, le PIB de la zone euro et celui de l’Union Européenne ont diminué de 1,5 % au cours du 4ème trimestre 2008 par rapport au trimestre précédent après des baisses de respectivement 0,2 % et 0,3 % au 3ème trimestre. Cette forte contraction du PIB est due au fort ralentissement des échanges : les exportations ont diminué d’environ 7 % dans les 2 zones et les importations se sont repliées de 5,5 %. Le niveau de l’investissment a également continué à baisser.

Pour l’ensemble de l’année 2009, les prévisions d’évolutions du PIB ont une nouvelle fois été ramenées à la baisse : le COE-Rexecode prévoit - 2,8 % outre-Rhin, - 2,5 % au Royaume-Uni et en Espagne et – 2,9 % en Italie.

Sur le marché de l’emploi, la situation s’est de nouveau dégradée en fin d’année : selon Eurostat, le taux de chômage de l’Union européenne s’est établi à 7,4 % en décembre 2008 (contre 6,8 % en décembre 2007), 17,911 millions d’hommes et de femmes étant alors au chômage soit 1,665 million de plus qu’en décembre 2007.