L'économie francilienne au rendez-vous du printemps

2e trimestre 2010
Septembre 2010
Une publication
du CROCIS
8 pages
L'activité en Ile-de-France a enregistré au 2e trimestre 2010 son premier rebond significatif depuis la sortie de récession.

Si dans l'industrie, les capacités de production sont encore très largement sousutilisées par rapport à 2007-2008, le tourisme et l'immobilier ont enregistré de très bons résultats au printemps : les taux d'occupation hôteliers de mai et de juin ont ainsi dépassé ceux d'avant-crise et l'immobilier de logements profite des taux d’intérêt extrêmement bas tandis qu'un dégel des investissements se profile pour l'immobilier d'entreprises.

Cette bonne orientation de l'activité a permis la poursuite de la baisse du taux de chômage (8,1 %) et de la remontée de l’emploi salarié. Toutefois, ce printemps réussi pourrait être sans lendemain puisque, selon les premières informations disponibles, la demande d'emploi est repartie à la hausse cet été.

Conjoncture française

Alors qu'elle s'était de nouveau trouvée en perte de vitesse au 1er trimestre 2010 (+ 0,2 %), l'activité économique française a enregistré au 2e trimestre 2010 son taux de croissance le plus élevé depuis la sortie de récession : + 0,7 %. Cet élan de vigueur risque toutefois de rester éphémère puisque la croissance est attendue à seulement + 0,4 % au 3e et au 4e trimestres par l'Insee, la Banque de France prévoyant encore moins pour le 3e trimestre (+ 0,3 %). En effet, d'ici à la fin de l'année, du fait du ralentissement économique américain et de la remontée de l'euro, la France devrait subir un tassement de ces exportations alors même que celles-ci avaient été la principale contribution à la croissance au 2e trimestre.

Cette baisse des exportations ne devrait par ailleurs pas être compensée par la consommation intérieure qui souffre toujours du contexte de chômage élevé. En effet, comme pour l'Ile-de-France, la situation sur le marché de l'emploi s'est améliorée mais le taux de chômage n'a perdu que 0,3 point depuis le début de l'année et a atteint 9,3 % au 2e trimestre ; cette amélioration pourrait par ailleurs n'avoir été que passagère, le nombre de demandeurs d'emplois ayant, comme en Ile-de-France, augmenté cet été.

Conjoncture européenne

Le PIB de la zone euro et celui de l'Union Européenne ont, comme en France, enregistré au 2e trimestre 2010 une hausse plus significative que celles des trimestres précédents. Ainsi, après + 0,4 %, + 0,1 % et + 0,2 % en zone euro (+ 0,3 %, + 0,2 % et + 0,2 % dans l'Union Européenne), la croissance européenne s'est accélérée au 2e trimestre 2010 dans le sillage de l'économie allemande pour atteindre + 1,0 %. La dynamique est cependant très hétérogène puisque, derrière l'Allemagne et ses + 2,2 %, la plupart des pays ont difficilement atteint les + 1,0 % et, dans le même temps, l'Espagne est à peine restée dans le positif (+ 0,2 % après + 0,1 %) et le PIB grec a continué à se réduire (- 1,5 %).

A court terme, la remontée de l'euro devrait peser sur les exportations (notamment allemandes) et, par conséquent plus globalement sur la croissance, tout comme la mise en place des plans d'austérité dans plusieurs pays européens. Parallèlement, la stabilisation s'est confirmée sur le marché de l'emploi, le taux de chômage ayant atteint 10,0 % en zone euro et 9,6 % dans l'UE en juin, soit strictement les mêmes niveaux qu'en mars dernier. Cela reste néanmoins près de 3 points de plus qu'au moment du retournement du marché.