L'économie francilienne souffre de la morosité du contexte mondial

2e trimestre 2008
Septembre 2008
Une publication
du CROCIS
Même si l’Île-de-France avait montré des premiers signes de ralentissement dès le début de l’année, elle avait plutôt bien résisté à la morosité de l’économie française et, plus généralement, de l’économie mondiale.

Cependant, les évolutions de la conjoncture régionale suivent de près l’évolution nationale et les perspectives dans la plupart des secteurs d’activité sont mitigées pour la fin de 2008 et, à plus long terme, pour l’ensemble de l’année prochaine. Même les indicateurs qui n’avaient pas montré de signes d’essoufflement trop marqués en tout début d’année ont été moins bien orientés au 2ème trimestre 2008 : c’est le cas notamment du taux de chômage ou encore des créations d’entreprises qui se sont tassés.

Le retournement annoncé – voire déjà amorcé – du marché de l’immobilier en France et en Île-de-France laisse craindre un contexte délicat dans les prochains mois pour la construction qui connaît déjà à l’heure actuelle de nombreuses défaillances d’entreprises.

Conjoncture française

L’économie française est actuellement pénalisée par les conséquences des incertitudes financières et la hausse de l’inflation au niveau mondial. Le durcissement de la politique monétaire de la Banque Centrale Européenne afin de contenir la hausse des prix a également un impact sur la croissance. L’atterrissage semble cependant moins brutal en France que dans d’autres pays européens (Espagne, Royaume-Uni, Pays Baltes, etc.) mais, selon l'INSEE, le PIB a décru de 0,3 % au 2ème trimestre. L’amélioration du marché du travail semble avoir atteint son maximum et le taux de chômage s’est maintenu à 7,2 % en moyenne (soit 2 millions de personnes) au 2ème trimestre 2008.

Par ailleurs, si les créations d’entreprises sont restées nombreuses, le nombre de défaillances a également été important. La consommation des ménages quant à elle reste perturbée par le fort niveau d’inflation. Le cours de l’euro (malgré une légère baisse début septembre) limite certes la facture énergétique mais continue de peser sur la compétitivité de plusieurs secteurs et aucune amélioration significative n’est attendue sur le front des échanges extérieurs.

Conjoncture européenne

Au cours du 2ème trimestre 2008, le PIB de l’Union Européenne (UE27) a diminué de 0,1 % (celui de la zone euro diminuant dans le même temps de 0,2 %) par rapport au trimestre précédent, selon les premières estimations d’Eurostat. Au 1er trimestre 2008, les taux de croissance avaient été de + 0,6 % dans l'UE27 et de + 0,7 % dans la zone euro. En glissement annuel, le PIB de l’UE27 a enregistré une croissance de 1,6 % et celui de la zone euro de 1,4 % (contre respectivement + 2,3 % et + 2,1 %, 3 mois plus tôt). Toutes les composantes du PIB - dépenses des ménages, investissements, exportations et importations, etc. - se sont ainsi trouvées à la baisse au 2ème trimestre et les craintes de récession sont bien réelles dans plusieurs pays.

Les prévisions de croissance pour la zone euro ont d’ailleurs une nouvelle fois été revues à la baisse, d’autant plus que l’inflation se maintient à un niveau élevé. Un consensus semble s’être fait à 1,3 % ; c’est le cas pour la Commission Européenne (dont les estimations d’avril tablaient sur 1,7 %), pour l’OCDE (qui a successivement fait passer la sienne de 1,9 à 1,7 puis à 1,3 % désormais) et pour le Coe-Rexecode.