Hausse de l'emploi francilien à confirmer

4e trimestre 2010
Mars 2011
Une publication
du CROCIS
8 pages
Alors que l'amélioration sur le marché du travail était moins soutenue en Île-de-France qu'au niveau national, 16 000 emplois salariés privés ont été créés au cours du 4e trimestre 2010, soit plus que sur l'ensemble des 9 premiers mois de 2010.

Cette hausse est ainsi la plus significative depuis plus de 3 ans. Cependant, elle ne s'est pas accompagnée d'une baisse du chômage (le nombre de demandeurs d'emploi est resté au-delà des 500 000 et le taux de chômage a stagné à 8,2 %).

Un rebond significatif de l'emploi reste donc toujours hypothétique même si l'activité francilienne a continué à lentement se consolider en fin d'année ; l'activité industrielle a notamment profité du dynamisme de l'industrie automobile en fin d'année (elle-même stimulée par la fin de la prime à la casse) pour retrouver des taux d'utilisation des capacités de production proches du niveau de la moyenne de longue période.

Conjoncture française

Pas plus qu'au 3e trimestre 2010, l'activité économique française n'a été en mesure de retrouver au 4e trimestre l'élan de vigueur qu'elle avait enregistré au printemps. Le taux de croissance trimestriel du PIB aura donc été cantonné à de modestes hausses lors de tous les trimestres de l'année 2010 à l'exception du 2e (successivement + 0,3 %, + 0,6 %, + 0,2 % et + 0,4 %). Ces résultats ont porté le niveau de la croissance française sur l'ensemble de 2010 à + 1,5 %, soit un rythme bien moins élevé que les + 3,5 % de l'Allemagne et même inférieur aux + 1,7 % de l'ensemble de la zone euro. En effet, si la demande interne a continué à se renforcer et si le commerce extérieur s'est redressé en fin d'année, la dynamique de la croissance française est restée trop peu soutenue. Cette dernière est en tout état de cause insuffisante pour infléchir significativement le taux de chômage, qui s'est certes réduit de 0,1 point (à 9,2 %) lors du 4e trimestre mais a terminé l'année 2,0 points au dessus de son niveau d'avant crise.

Tendances à court terme

Pour 2011, ni l'activité en Ile-de-France, ni l'activité en France ne devraient croître plus rapidement qu'en 2010. Les estimations de la Banque de France pour le premier trimestre 2011 sont toutefois optimistes et prévoient une croissance trimestrielle de + 0,8 % pour la France (soit le rythme le plus élevé depuis 7 ans). Les premières données disponibles laissent penser que l'économie francilienne suit également cette tendance : l'activité dans les services marchands a profité de la hausse de la demande étrangère et la production industrielle est restée bien orientée.

Toutefois, plusieurs facteurs pèsent et vont peser dans les mois à venir sur l'activité. D'une part, le phénomène inflationniste, notamment le prix du pétrole, est amplifié par le contexte géopolitique instable ; D'autre part, les conséquences du tremblement de terre, du tsunami et de l'accident nucléaire au Japon vont freiner l'activité mondiale (effet psychologique, problème d'approvisionnement de biens d'équipement, etc.).