Le marché de l'emploi francilien se dégrade à nouveau

3e trimestre 2011
Janvier 2012
Une publication
du CROCIS
8 pages
Alors que l'activité francilienne avait déjà subi un nouveau ralentissement au trimestre précédent, celui-ci n'avait pas eu de conséquence sur le marché de l'emploi, sinon celle de maintenir le taux de chômage sur une tendance de très lente baisse.

Au troisième trimestre 2011, dans un contexte où, une nouvelle fois, seule l'activité touristique a semblé échapper à l'atonie ambiante (manque de vigueur de l'activité dans les services et maintien à un niveau très faible de la confiance des chefs d'entreprise et des consommateurs), les indicateurs d'emploi et de travail sont à leur tour passés à l’orange. Ainsi, près de 11 000 emplois salariés ont été détruits en Ile-de-France l'été dernier (soit la première baisse depuis un an et demi) et le taux de chômage a augmenté de 0,2 point pour atteindre 8,3 %, soit un niveau proche de son dernier point haut du quatrième trimestre 2009.

Conjoncture française

La croissance du PIB français au troisième trimestre 2011 s'est élevée à + 0,3 %. Ainsi, même si cette hausse a permis d'effacer le repli enregistré au deuxième trimestre (- 0,1 %), l'activité nationale est restée peu dynamique entre juillet et septembre. En effet, les vecteurs de croissance ont été rares : l'investissement et le commerce extérieur ont ralenti pendant l'été et la consommation a à peine rebondi alors qu'elle s'était nettement contractée au deuxième trimestre.

Ainsi, l'acquis de croissance pour 2011 à fin septembre était de 1,7 % mais la croissance annuelle pourrait n'être que de 1,6 %, la dernière prévision de l'Insee pour le quatrième trimestre faisant état d'une baisse de 0,2 %. Dans ce contexte d'activité morose, le taux de chômage est reparti à la hausse (+ 0,2 point) et a atteint 9,3 % au troisième trimestre 2011 ; les données les plus récentes montrent que le nombre total de demandeurs d'emploi de catégorie A a dépassé les 2,8 millions en novembre, soit le niveau le plus élevé depuis 1999.

Tendances à court terme

Le ralentissement de l'activité francilienne s'est prolongé fin 2011 : en effet, les premières informations disponibles concernant la conjoncture régionale montrent notamment que l'activité dans les services marchands s'est certes très légèrement renforcée en décembre mais après avoir été atone à l'automne.

Par ailleurs, la confiance des acteurs économiques vient de subir la dégradation de la note de la France par Standard and Poor's : si, à court terme, le choc semble plus politique qu'économique (la France n'a pas de difficulté ces derniers jours à emprunter sur les marchés pour financer ses dettes et a même pu le faire à des taux légèrement plus avantageux), il va encore plus limiter les prises de risque des chefs d'entreprise et ainsi pénaliser les investissements et l'emploi. A ce titre, la demande d'emploi de catégorie A a fortement augmenté en novembre dernier en Ile-de-France (+ 1,4 %, soit un rythme supérieur à celui de la France métropolitaine).