Un niveau d'activité toujours insuffisant pour réduire le chômage

1er trimestre 2011
Juin 2011
Une publication
du CROCIS
8 pages
Même si cela se fait toujours à des rythmes différents d'un secteur à l'autre et même si les plus petites entreprises restent fragiles, l'activité francilienne a poursuivi au premier trimestre son redressement.

Ainsi, le secteur de l'industrie a notamment conservé un élan positif malgré la hausse du cours des matières premières tout comme l'activité touristique est restée soutenue grâce à une météo clémente.

Toutefois, si cette amélioration de la conjoncture a certes permis la création de 24 000 emplois dans la région (+ 0,6 % par rapport au trimestre précédent), le chômage n'a toujours pas enclenché de baisse significative : le nombre de demandeurs d'emploi est ainsi resté calé au-delà des 500 000 et le taux de chômage n'en finit pas de stagner (à 8,2 %, il s'est maintenu 1,7 point au-dessus de son niveau d'avant-crise).

Conjoncture française

Après plusieurs trimestres de croissance modeste (respectivement + 0,5 %, + 0,4 % et + 0,3 % aux deuxième, troisième et quatrième trimestres 2010), l'activité économique française a retrouvé au premier trimestre 2011 une certaine vigueur et a affiché une hausse de PIB de 0,9 %, soit la plus élevée depuis le printemps 2006.

Cette bonne performance a toutefois été rendue possible grâce à la conjonction de circonstances ponctuelles favorables : "effets de traine" de la prime à la casse, "effet de rattrapage" dans l'industrie et la construction après les perturbations liées aux intempéries fin 2010 et, surtout, reconstitution des stocks. Dans ce contexte d'activité évoluant par à-coups, le taux de chômage (9,2 % en moyenne sur l'ensemble du premier trimestre 2011) ne se réduit toujours pas significativement et devrait, au mieux, terminer l'année autour des 9,0 %.

Tendances à court terme

Une fois les effets des facteurs ponctuels favorables passés, l'activité francilienne s'est à nouveau tassée au printemps. Les premières informations disponibles concernant la conjoncture régionale montrent que l'activité dans les services n'a fait que s'accroître légèrement au début du printemps et que, après l'accélération des mois précédents, la production industrielle francilienne a marqué une pause dans l'ensemble des secteurs, celui des équipements électroniques et informatiques ayant même subi une évolution négative.

Ces tendances sont en phase avec celles observées au niveau national, les dernières estimations de l'Insee pour le PIB du deuxième trimestre tablant sur une croissance de seulement + 0,2 % d'avril à juin. Ce rythme de croissance très modéré observé ces dernières semaines s'est concrétisé sur le marché du travail par une hausse du nombre de demandeurs d'emploi au mois de mai.