Le nombre de demandeurs d'emploi a franchi le seuil des 600 000 en Île-de-France

1er trimestre 2013
Juin 2013
Une publication
du CROCIS
8 pages
Le léger redressement de l'activité observé dans l'industrie fin 2012 ne s'est pas prolongé et la morosité dans ce secteur est venue s'ajouter à celle de l'ensemble des autres secteurs de l'économie francilienne, y compris le tourisme.

Cette faiblesse de l'activité en Ile-de-France a maintenu le nombre de défaillances d'entreprises recensées dans la région à un niveau élevé et, surtout, a conduit le nombre de demandeurs d'emploi franciliens au-delà du seuil de 600 000 et le taux de chômage dans la région à 9,1 %, leur niveau le plus élevé des années 2000 ; si, parallèlement, le nombre d'intérimaires en Ilede-France est reparti à la hausse en février et en mars, ce mouvement devra être confirmé pour pouvoir espérer un rétablissement du marché du travail.

Conjoncture française

Si l'économie française avait enregistré une croissance nulle sur l'ensemble de l'année 2012, les replis trimestriels de PIB s'étaient malgré tout accumulés, le dernier trimestre subissant notamment un repli de 0,2 %. Les résultats du premier trimestre 2013 sont restés inscrits dans cette lignée, confirmant ainsi que le pays était à nouveau en "récession technique" : sur les trois premiers mois de l'année, le PIB hexagonal s'est contracté de 0,2 %, l'acquis de croissance pour l'ensemble de l'année 2013 s'élevant, par conséquent, à - 0,3 %. En effet, même si les contributions de la consommation des ménages et du commerce extérieur ont été faiblement négatives, elles se sont ajoutées à un nouveau fort recul de l'investissement. Parallèlement, le taux de chômage a continué à augmenter début 2013 et a atteint 10,4 % en moyenne sur l'ensemble du premier trimestre en France métropolitaine.

Tendances à court terme

Les informations disponibles concernant la conjoncture régionale pour le printemps 2013 montrent que l'activité, aussi bien dans l'industrie que dans les services, continue à s'infléchir. Relativement épargnée jusqu'à présent, l'économie francilienne semble désormais souffrir tout autant que les autres régions françaises et les facteurs potentiels de rebond ne sont pas au vert. D'une part, le contexte reste morose en Europe, la zone euro étant toujours en récession. D'autre part, pour les entreprises les plus tournées vers l'international, l'euro reste à un niveau élevé face aux autres devises (le cours reste campé au-delà des 1,30 $ malgré le repli entamé mi-juin) ; enfin, le pouvoir d'achat des ménages et la consommation restent contraints par un niveau de chômage de plus en plus élevé (le nombre des demandeurs d'emploi en catégorie A en Ile-de-France a dépassé les 606 000 en mai).