Nouveau ralentissement de l'économie francilienne

2e trimestre 2011
Septembre 2011
Une publication
du CROCIS
8 pages
Au deuxième trimestre 2011, l'activité francilienne a subi un nouveau ralentissement.

Il ne s'est (pour le moment ?) agi que d'une pause dans un redressement économique déjà lent mais plusieurs éléments ont matérialisé cette décélération : des taux d'utilisation des capacités de production de nouveau en baisse dans l'industrie, un fort repli de l'activité dans les services en juin, une baisse de la confiance des chefs d'entreprises, etc. Seule l'activité touristique a semblé échapper à cette atonie en affichant des niveaux record tout aussi bien dans les hôtels que dans les aéroports. En conséquence, le marché du travail francilien est resté morose : le nombre de demandeurs d'emploi a continué à flirter avec les 500 000 et le taux de chômage ne s'est réduit que de 0,1 point (à 8,1 %).

Conjoncture française

Alors que l'activité économique française avait retrouvé de la vigueur au premier trimestre 2011 (croissance du PIB de + 0,9 % après que tous les trimestres de 2010 avaient été cantonnés dans une fourchette allant de + 0,2 % à + 0,5 %), le PIB en volume est resté parfaitement stable au deuxième trimestre (+ 0,0 %).

Alors que la contribution du commerce extérieur a été positive malgré le niveau élevé de l'euro, le recul des dépenses de consommation des ménages (- 0,7 % après + 0,4 %) et la moindre reconstitution des stocks ont été les principaux facteurs de ce manque de dynamisme. A mi-parcours, l'acquis de croissance pour 2011 est ainsi de 1,5 %, soit un rythme à peine plus élevé que la hausse du PIB enregistrée en 2010 (+ 1,4 %). Dans ce contexte d'activité morose, le taux de chômage (9,1 % en moyenne au deuxième trimestre 2011) ne s'est infléchi que de 0,1 point.

Tendances à court terme

Après s'être déjà tassée au printemps, l'activité francilienne a dû composer cet été avec les nouvelles craintes nées de la crise de la dette et les difficultés financières qui en ont découlé. Les premières informations disponibles concernant la conjoncture régionale de cet été montrent que l'industrie francilienne n'a pas particulièrement pâti de cette situation alors que l'activité dans les services, qui avait déjà décéléré en juin et en juillet, a marqué une pause très nette en août (principalement dans le conseil et le travail temporaire).

Ce ralentissement dans les services franciliens est en phase avec les estimations de la Banque de France pour le PIB national tous secteurs confondus (croissance attendue à seulement + 0,1 % pour le troisième trimestre). Ce rythme de croissance très limité depuis plusieurs mois s'est matérialisé sur le marché du travail par une hausse du nombre de demandeurs d'emploi, malgré une légère amélioration chez les moins de 25 ans cet été.