Prémices de retournement de l'économie francilienne confirmées

3e trimestre 2008
Janvier 2009
Une publication
du CROCIS
Les résultats de l’activité économique francilienne du 3ème trimestre peuvent paraître aujourd’hui assez positifs.

Ainsi, malgré le contexte économique défavorable, la région francilienne a fait partie des quatre régions françaises dont le taux de chômage était en baisse au 3ème trimestre (- 0,1 point par rapport au 2ème trimestre contre + 0,1 point au niveau national). De plus, même si le nombre de demandeurs d’emploi a successivement augmenté en juillet, août et septembre en Ile-de-France, cette hausse a été moins importante qu’au niveau national.

Par ailleurs, 20 100 entreprises ont vu le jour en Ile-de-France au 3ème trimestre, un chiffre toujours en hausse sur un an (+ 1,2 %) alors que, dans le même temps, le nombre de créations diminuait de 0,8 % sur l’ensemble de la France... Ainsi, alors qu’habituellement la région capitale subit plus vite les effets des ralentissements économiques que le reste de la France, il semble que ce soit le phénomène inverse qui se produise aujourd’hui. Cependant, les indicateurs franciliens devraient être plus en adéquation avec les difficultés économiques actuelles dans les prochains mois.

Conjoncture française

En France, la variation du PIB au 3ème trimestre, estimée dans un premier temps par l’INSEE à - 0,1 % a été revue et portée à + 0,1 %. Cependant, si la « récession technique » a ainsi été évitée à cette période, le contexte économique s’est fortement dégradé depuis et la récession est désormais inévitable : les dernières prévisions de l’INSEE (déc. 2008) ont chiffré le repli attendu de l’activité à - 0,8 % au 4ème trimestre 2008 (portant la croissance à seulement + 0,8 % sur l’ensemble de l’année 2008) puis à - 0,4 % et - 0,1 % aux 1er et 2ème trimestre 2009. L’évolution de l’activité dépendra fortement des effets du plan de relance français mais aussi de l’action des autres États.

Ce ralentissement a provoqué ses premières conséquences : le taux de chômage français a augmenté de 0,1 point entre le 2ème et le 3ème trimestre pour atteindre 7,3 %. Selon l’INSEE, il devrait continuer de monter et pourrait s’élever à 8,0 % à la fin du 1er semestre 2009. Par ailleurs, malgré la forte baisse de l’inflation et les mesures de soutien envisagées par le Gouvernement, le pouvoir d’achat devrait être nettement pénalisé par la dégradation des revenus d’activité dans les prochains mois.

Conjoncture européenne

Selon les dernières estimations d’Eurostat, le PIB de la zone euro et celui de l’Union Européenne ont diminué de 0,2 % au cours du 3ème trimestre 2008 par rapport au trimestre précédent. Cette tendance est essentiellement le fait de la baisse des investissements. Sur un an, le PIB a tout de même évolué positivement même si la croissance a été modeste : + 0,6 % en zone euro et + 0,8 % dans l’UE par rapport au même trimestre de l'année précédente. Sur l’ensemble de l’année 2008, la croissance économique européenne est estimée à environ 1 % alors qu’elle était attendue à près de 2 % début 2008.

Ce ralentissement de l'activité économique devait se maintenir dans les mois à venir ; la Commission Européenne estime ainsi que le PIB européen devrait reculer de 1,8 % en 2009 avant de connaître une légère remontée (+ 0,5 %) en 2010. Ces évolutions devraient continuer à avoir des répercussions significatives sur l'emploi ; le taux de chômage était déjà orienté à la hausse fin septembre (7,5 % en zone euro et 7,0 % dans l’UE) et a confirmé cette détérioration depuis.