Première baisse de l'emploi salarié francilien depuis fin 2009

3e trimestre 2012
Janvier 2013
Une publication
du CROCIS
8 pages
L'économie francilienne a, une nouvelle fois, tourné au ralenti au troisième trimestre 2012 : le secteur des services a en effet évolué poussivement et les taux d'utilisation des capacités de production dans l'industrie ont retrouvé leurs points bas de 2009.

Par ailleurs, il est à noter que la baisse des prix des logements, même modeste, s'est confirmée l'été dernier et que le secteur du tourisme a stagné, autant en termes de taux d'occupation hôteliers que de trafic aérien. Cette faiblesse de l'activité francilienne a fini par peser sur le niveau de l'emploi salarié alors que celui-ci avait résisté jusqu'alors (- 11 000 postes au troisième trimestre). Parallèlement, le nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A en Ile-de-France a continué à augmenter et a dépassé les 565 000, se rapprochant encore de ses plus hauts de 2003-2004.

Conjoncture française

Après avoir commencé l'année par une croissance nulle au premier trimestre 2012 puis avoir enregistré un léger repli de 0,1 % au trimestre suivant, le PIB français a évité la "récession technique" (deux trimestres consécutifs de baisse) à l'été dernier (+ 0,1 %). Ce léger rebond a été permis par des contributions positives de la consommation des ménages et des exportations.

L'activité hexagonale n'en reste pas moins au bord de la récession et plus modeste que celle de l'Allemagne (+ 0,2 % au troisième trimestre). Dans ce contexte morose, le taux de chômage a continué à augmenter au troisième trimestre et s'est encore approché des 10,0 % en France métropolitaine (9,9 %, et déjà 10,3 % en incluant les Dom).

Tendances à court terme

Les informations disponibles concernant la conjoncture régionale pour fin 2012 - début 2013 montrent que l'activité s'est progressivement redressée d'octobre à décembre dans l'industrie même si certains secteurs (fabrication des denrées alimentaires) rencontrent encore de grandes difficultés. Dans les services, un léger redressement a aussi été constaté : il est cependant très modeste, un rebond significatif semblant par conséquent encore bien illusoire.

L'économie francilienne pâtit en effet à l'heure actuelle, d'une part, pour les secteurs et les entreprises les plus tournés vers l'international de la surévaluation de l'euro face aux autres devises et notamment face au dollar et, d'autre part, d'un pouvoir d'achat des ménages contraint par un chômage de plus en plus élevé (le nombre des demandeurs d'emploi en catégorie A en Ile-de-France a dépassé les 580 000 en décembre).