Premiers signes encourageants sur le marché de l'emploi

1er trimestre 2010
Juin 2010
Une publication
du CROCIS
8 pages
Le redémarrage de l'activité en Île-de-France s'est poursuivi au cours du 1er trimestre 2010. Même si elle se fait toujours de façon très modeste, cette reprise se généralise lentement aux différents secteurs d'activité.

Le tourisme a notamment pour la première fois depuis 20 mois bénéficié de taux d'occupation hôteliers en légère hausse ; ceux-ci sont malgré tout restés encore loin de leurs niveaux d'avant crise. Cette légère reprise de l'activité globale a permis d'entrevoir de premiers signes encourageants sur le marché de l'emploi. Ainsi, après avoir augmenté de 0,4 point en fin d'année, le taux de chômage francilien s'est maintenu à 8,4 % au cours des premiers mois de l'année. L'évolution de l'emploi salarié a confirmé ce qui semble être un début d'arrêt de la dégradation du marché de l'emploi en augmentant pour la première fois depuis le 3ème trimestre 2008. 

Conjoncture française

Après avoir connu des taux de croissance trimestriels du PIB certes faibles mais qui allaient crescendo depuis la sortie de récession (+ 0,2 % au 2ème trimestre 2009 puis + 0,3 % au 3ème trimestre 2009 et enfin + 0,5 % au 4ème trimestre 2009), l'activité économique française a connu une nouvelle perte de vitesse au 1er trimestre 2010 (seulement + 0,1 %). Le PIB devrait certes croître un peu plus vivement au 2ème trimestre (+ 0,5 %) mais les prévisions pour le 2nd semestre ne sont pas très optimistes (+ 0,4 % au 3ème et au 4ème trimestres).

En effet, comme ailleurs en Europe, la fin des mesures de relance (une nouvelle réduction de la "prime à la casse" va avoir lieu au 1er juillet...) et la mise en place du plan de réduction du déficit public vont venir peser sur l'activité, sans que le dynamisme des exportations ne puisse inverser la tendance. Comme pour l'Ile-deFrance, la dégradation du marché de l'emploi s'est interrompue au 1er trimestre 2010, le taux de chômage restant à 9,6 % et l'emploi salarié progressant très légèrement, notamment grâce au redémarrage de l'emploi intérimaire.

Conjoncture européenne

Selon les premières estimations d'Eurostat pour le 1er trimestre 2010, le PIB de la zone euro et celui de l'Union Européenne ont tous les deux augmenté très légèrement par rapport au trimestre précédent (+ 0,2 %). Sur fond de crise des déficits publics, cette hausse encore très modeste vient confirmer la lenteur de la sortie de récession européenne. Principale raison à cette morosité : la poursuite de la baisse des investissements.

Le niveau des investissements s'est en effet une nouvelle fois replié de plus de 1 % (-1,1 % dans la zone euro et - 1,2 % dans l'UE). La principale (voire la seule...) source de dynamisme est liée aux échanges commerciaux, notamment en zone euro : la chute de l'euro a permis d'offrir un gain de compétitivité-prix important et les exportations ont augmenté de 2,5 % dans la zone euro au cours du 1er trimestre 2010 (mais également de 2,3% dans l'UE). Dans les mois à venir, la fin des plans de relance et, surtout, la mise en place de plans d'austérité devraient cantonner l'activité à un niveau très faible. Parallèlement, la dégradation du marché de l'emploi semble s'est stabilisée, le taux de chômage atteignant ainsi 10,0 % en zone euro et 9,6 % dans l'UE en mars (contre 9,1 % et 8,5 % un an plus tôt).