Rapide dégradation du marché du travail

2e trimestre 2009
Septembre 2009
Une publication
du CROCIS
8 pages
C'est désormais une constante depuis la fin 2008, le marché du travail en Île-de-France a continué à se dégrader fortement au 2ème trimestre 2009, le taux de chômage ayant atteint 7,8 % en moyenne sur l'ensemble du trimestre (soit + 0,5 point par rapport au 1er trimestre).

Il est à craindre que cette forte augmentation du taux de chômage perdure dans les prochains mois. A l'inquiétude concernant l'emploi, s'ajoutent les grandes difficultés rencontrées par une large majorité des secteurs (tourisme, immobilier, etc.).

Malgré tout, si la région souffre toujours de la crise économique, certains indicateurs ont été bien orientés ; c'est bien évidemment le cas des créations d'entreprises qui bénéficient toujours de l'instauration du statut de l'auto-entrepreneur. Les défaillances d'entreprises ont quant à elles diminué pour le deuxième trimestre consécutif.

Conjoncture française

S'il faut encore attendre pour parler d’une véritable reprise, le 2ème trimestre 2009 aura été marqué par la sortie de récession “technique” en France. Alors que la variation du PIB était attendue par l'Insee à - 0,6 %, l'activité de la période d'avril à juin est finalement ressortie à + 0,3 %. Ce retour à la croissance du PIB reste toutefois à confirmer dans les prochains mois. Ce rebond est en effet dû à la baisse des prix, au plan de relance gouvernemental (prime à la casse notamment) et à la bonne tenue de la consommation.

Cependant, les carnets de commandes sont restés peu fournis et des doutes planent sur l'évolution de la consommation des ménages : celle-ci, bénéficiant du recul de l'inflation, a continué à progresser depuis le début de l'année malgré la modération salariale ; le retour de l'inflation pourrait venir peser sur les dépenses des ménages. Malgré l'évolution positive du PIB, le taux de chômage a de nouveau fortement augmenté et a atteint 9,1 % en moyenne au 2ème trimestre (soit près de 2,6 millions de chômeurs) malgré le recours important au chômage partiel.

Conjoncture européenne

Au niveau européen, selon les premières estimations d'Eurostat, après avoir diminué respectivement de 2,5 % et 2,4 % au 1er trimestre, le PIB de la zone euro et celui de l'Union Européenne ont quasiment stagné au 2ème à - 0,1 % et - 0,2 %. Si la consommation des ménages a influencé positivement l'activité, l'atonie des échanges a produit l'effet inverse. Cette situation bénéficie cependant au solde commercial européen – largement positif – puisque le repli des importations est resté plus important que celui des exportations.

Parallèlement, l'économie européenne a continué à détruire des emplois et le taux de chômage atteignait, fin juin, 9,4 % en zone euro et 8,9 % dans l'UE (contre 7,5 % et 6,9 % un an plus tôt). Le 2ème trimestre aura malgré tout été marqué par la sortie de récession “technique” de plusieurs pays dont l'Allemagne, le Portugal et la Grèce.