La remontée du taux de chômage francilien s'est accélérée

1er trimestre 2012
Juin 2012
Une publication
du CROCIS
8 pages
Au premier trimestre 2012, l'activité francilienne a continué à tourner au ralenti comme c'était déjà le cas depuis le printemps 2011. Ainsi, le redressement dans le secteur des services est resté très poussif et l'industrie a même subi un nouveau ralentissement de son activité tout au long du trimestre.

Cette faiblesse de la croissance francilienne a conduit à une accélération marquée de la remontée du chômage malgré la création de 11 000 emplois salariés de janvier à mars : le taux de chômage a ainsi augmenté de 0,3 point (la hausse la plus importante depuis 2009). Il a par conséquent atteint 8,5 %, soit un niveau désormais plus élevé que l'ancien point haut du premier trimestre 2010 (8,4 %).

Conjoncture française

Alors que l'Insee a revu à la baisse la croissance du PIB français du quatrième trimestre 2011 (+ 0,1 %), la croissance hexagonale a été nulle au premier trimestre 2012 (+ 0,0 %). Si l'activité nationale a évité une contraction entre janvier et mars, ce niveau de croissance trimestrielle est malgré tout une nouvelle fois inférieur à celui observé outre-Rhin (+ 0,5 %). La progression du PIB français a en effet été lestée par le repli de l'investissement (- 1,4 % par rapport au trimestre précédent), celui-ci n'ayant pas pu être compenser par une trop modeste augmentation de la consommation des ménages (+ 0,2 %) et des exportations (+ 0,3 %). Dans ce contexte toujours morose, le taux de chômage a augmenté sur le même rythme qu'en Ile-de-France (+ 0,3 point) et s'est fixé à 9,6 % en moyenne au premier trimestre 2012 ; Compte tenu du repli de l'emploi salarié, il pourrait encore croître et approcher les 10,0 % en fin d'année.

Tendances à court terme

Les premières informations disponibles concernant la conjoncture régionale pour le deuxième trimestre 2012 montrent que l'activité dans les services marchands a cessé de se redresser ces derniers mois tandis que la production industrielle a continué à décélérer. Dans l'ensemble, le niveau de l'activité francilienne reste extrêmement modeste mais il est à noter que le mois de mai a été particulièrement mal orienté à la fois dans les services et dans l'industrie. L'économie francilienne bénéficie néanmoins à l'heure actuelle pour les secteurs et les entreprises les plus tournés vers l'international de la baisse du cours de l'euro face aux autres devises. Cela reste malgré tout bien insuffisant pour stimuler le marché du travail et la demande d'emploi (catégorie A) en Ile-de-France a de nouveau augmenté en avril par rapport au mois précédent (+ 0,2 %, après + 0,4 % en mars).