Reprise toujours poussive pour l'économie francilienne

3e trimestre 2010
Janvier 2011
Une publication
du CROCIS
8 pages
Après la dynamique positive observée au 2e trimestre, l'activité en Ile-de-France a de nouveau marqué un temps d'arrêt au 3e trimestre 2010.

Si ce niveau d'activité a suffi à maintenir la baisse du nombre des défaillances d'entreprises, il n'a pas permis la poursuite de la réduction du taux de chômage francilien : ainsi, celui-ci, après avoir diminué de 0,4 point sur l'ensemble du 1er semestre 2010, est reparti à la hausse et a atteint 8,2 % en moyenne de juillet à septembre (+ 0,1 point).

Cette mauvaise orientation du marché de l'emploi empêche toujours la relance attendue de l'économie francilienne par la consommation intérieure. Malgré tout, au niveau sectoriel, le tourisme et l'immobilier ont confirmé leurs bons résultats du printemps et le redressement de l'activité industrielle, même s'il est lent, se consolide peu à peu.

Conjoncture française

L'activité économique française n'a pas maintenu son élan de vigueur enregistré au 2e trimestre (taux de croissance trimestriel du PIB de + 0,6 %). Ainsi, de juillet à septembre, l'activité en France a de nouveau décéléré et n'a augmenté que de 0,3 %. En effet, si la demande interne s'est légèrement renforcée, le commerce extérieur a de son côté tiré la croissance vers le bas alors qu'il avait été le principal vecteur de dynamisme au printemps. Sur les neuf premiers mois de l'année, l'acquis de croissance était donc de 1,4 % et, d'après les dernières prévisions pour le 4e trimestre de 2010 (+ 0,6 % selon la Banque de France), le niveau de la croissance sur l'ensemble de l'année devrait par conséquent s’être situé aux alentours de + 1,5 %.

Pour 2011, le PIB ne devrait pas croître plus rapidement qu'en 2010 mais le seul maintien du rythme de croissance observé l'an passé devrait malgré tout permettre de réenclencher la baisse du taux de chômage d'ici mi- 2011. En effet, cette dernière (- 0,3 point sur les six premiers mois de l'année) s'est interrompue au 3e trimestre : le taux de chômage a stagné à 9,3 %, ce qui le laisse à un niveau supérieur de 2,1 points à celui d'avant crise.

Conjoncture européenne

Après les évolutions encourageantes du 2e trimestre 2010 dans le sillage de l'économie allemande (+ 1,0 % dans les deux zones), le PIB de la zone euro et celui de l'Union Européenne ont, comme en France, de nouveau marqué le pas au 3e trimestre 2010. La croissance trimestrielle de l'UE27 a ainsi atteint + 0,5 % en moyenne alors que, sur fond de nouvelle crise de la dette publique et de remontée de la monnaie unique, celle de la zone euro a été limitée à un très modeste + 0,3 %. L'Allemagne a une nouvelle fois servi de baromètre de l'économie européenne puisque sa croissance a été divisée par 3 (+ 0,7 % au 3e trimestre après + 2,3 % au 2e ).

Dans le même temps, parmi les pays les plus confrontés à la problématique des déficits, la croissance de l'Irlande est repassée en positif (+ 0,5 % après - 1,0 %), celles de l'Espagne (+ 0,0 % après + 0,3 %) et du Portugal (+ 0,3 % après + 0,2 %) ont continué à enregistrer des niveaux très faibles et la Grèce est toujours en situation de récession (- 1,3 % après - 1,7 %). Parallèlement, la stabilité est toujours de mise sur le marché de l'emploi en Europe : en septembre, le taux de chômage s'est en effet maintenu à 10,0 % en zone euro et à 9,6 % dans l'UE27, et ce pour le cinquième mois consécutif.