Résilience de l'économie francilienne malgré la hausse du chômage

4e trimestre 2011
Aurélie DEUDON
Mars 2012
Une publication
du CROCIS
8 pages
Au quatrième trimestre 2011, l'activité francilienne est restée affectée par les contrecoups de la crise de la dette européenne. Elle a ainsi continué à tourner au ralenti comme c'est le cas depuis le printemps 2011.

Si le tourisme, qui échappait jusque-là à la morosité ambiante, a semblé montrer à son tour de légers signes d'essoufflement, le secteur des services a néanmoins amorcé un redressement après plusieurs mois de faible activité.

La légère amélioration dans ce secteur n'a toutefois pas permis d'empêcher l'emploi salarié de s'infléchir légèrement et le taux de chômage d'augmenter pour la deuxième fois consécutive (+ 0,1 point après + 0,2 point au troisième trimestre), celuici ayant atteint 8,4 %, soit un niveau déjà proche de son dernier point haut du quatrième trimestre 2009.

Conjoncture française

Alors que l'Insee prévoyait une baisse de 0,2 % du PIB français au quatrième trimestre, la croissance a finalement été de + 0,2 %. Si l'activité nationale est restée peu dynamique entre octobre et décembre, cette hausse inattendue est d'autant plus marquante que, dans le même temps, l'économie allemande s'est contractée de 0,2 %. En tout état de cause, cette progression du PIB hexagonal a été principalement portée par les investissements mais aussi par le commerce extérieur alors que la consommation des ménages est restée atone.

Sur l'ensemble de 2011, la croissance française aura ainsi atteint + 1,7 % (après + 1,4 % en 2010). Dans ce contexte toujours morose, le taux de chômage a continué à augmenter (+ 0,1 point après + 0,2 point au trimestre précédent) et s'est fixé à 9,4 % en moyenne au quatrième trimestre 2011 ; les données les plus récentes (février) montrent que le nombre total de demandeurs d'emploi de catégorie A a continué à augmenter début 2012 et a dépassé les 2,86 millions.

Tendances à court terme

Les premières informations disponibles concernant la conjoncture régionale pour début 2012 montrent que l'activité dans les services marchands a continué à se redresser ces derniers mois tandis que la production industrielle a eu tendance à décélérer tout en restant sur une orientation positive.

Dans l'ensemble, l'activité francilienne continue donc de pâtir des contrecoups de la crise de l'été 2011 et reste peu dynamique. Elle bénéficie néanmoins à l'heure actuelle pour les secteurs les plus tournés vers l'international du redressement de l'activité aux Etats-Unis et de la baisse du cours de l'euro face aux autres devises. Cela reste malgré tout bien insuffisant pour stimuler le marché du travail même si la demande d'emploi de catégorie A a légèrement diminué en Ile-de-France en février (- 0,1 % à comparer à + 0,2 % en France métropolitaine).