Le seuil des 550 000 demandeurs d'emploi franchi en Île-de-France

2e trimestre 2012
Septembre 2012
Une publication
du CROCIS
8 pages
Dans un contexte national et mondial morose, l'activité francilienne a décéléré à nouveau au deuxième trimestre 2012.

Le secteur des services a en effet évolué tout aussi poussivement que l'industrie. Symboles de cette atonie, les taux d'utilisation des capacités de production dans l'industrie se sont enfoncés vers leurs points bas de 2009, les taux d'occupation hôteliers ont plafonné, les prix des logements ont entamé un léger repli et les transactions de surfaces de bureau sont retombées à leurs niveaux de 2008- 2009. Cette faiblesse de la croissance francilienne a conduit à une hausse marquée du chômage : ainsi, le nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A en Ile-de-France a d'ores et déjà franchi le seuil des 550 000, un niveau qui n'avait plus été atteint depuis 2005 et le taux de chômage régional du deuxième trimestre est ressorti à 8,5 %.

Conjoncture française

Comme cela avait déjà été le cas au quatrième trimestre 2011 et au premier trimestre 2012, la croissance du PIB français a été nulle au deuxième trimestre 2012 (+ 0,0 %). La progression du PIB français a en effet été lestée par les contributions négatives de la consommation des ménages et des exportations. Ainsi, l'activité nationale a certes évité une contraction au printemps mais ce troisième trimestre de stabilité de l'activité n'en reste pas moins décevant, notamment comparativement au résultat de l'Allemagne qui, dans le même temps et malgré le ralentissement économique global, a enregistré une légère hausse de 0,3 %. Dans ce contexte toujours morose, le taux de chômage a continué à augmenter au deuxième trimestre et s'est fixé à 9,7 % en France métropolitaine (10,2 % en incluant les Dom).

Tendances à court terme

Les informations disponibles concernant la conjoncture régionale pour le troisième trimestre 2012 montrent que l'activité a une nouvelle fois tourné au ralenti ces dernières semaines, tout autant dans les services marchands que dans l'industrie. Même si les mois de juillet et août ont été légèrement mieux orientés que les mois précédents, dans l'ensemble, le niveau de l'activité francilienne reste ainsi extrêmement modeste. Parallèlement à la problématique de la consommation intérieure limitée (le nombre des demandeurs d'emploi en catégorie A en Ile-de-France a augmenté de 1,1 % en juillet par rapport au mois précédent, après déjà + 0,9 % et + 0,8 % en mai et juin, ce qui pèse sur le pouvoir d'achat des ménages), l'économie francilienne pâtit également à l'heure actuelle pour les secteurs et les entreprises les plus tournés vers l'international de la remontée du cours de l'euro face aux autres devises (autour de 1,30$ notamment alors qu'il approchait les 1,20 $ fin juillet.