La situation de l’emploi et de la conjoncture économique en Île-de-France au printemps 2010

Printemps 2010
Mars 2010
Une publication
du CROCIS
27 pages
Les principales économies mondiales sont progressivement sorties « techniquement » de récession en 2009 : après l’Allemagne, le Japon et la France dès le deuxième trimestre, les Etats-Unis, la Russie, le Royaume-Uni, l’Italie, etc. ont fait de même au second semestre. Cela n’a pas empêché ces pays d’enregistrer des contractions, parfois très fortes, de leur PIB sur l’ensemble de 2009. Les regains d’activité observés ici et là en fin d’année ont par ailleurs été fortement dépendants des différents plans gouvernementaux et sont par conséquent d’autant plus fragiles que les déficits publics sont aujourd’hui colossaux.

Après l’effondrement qu’elle a subi fin 2008 et début 2009, l’économie française sort très lentement de la récession depuis le printemps dernier. Ce léger rebond est en effet encore bien trop faible pour retrouver les niveaux d’activité d’avant-crise. Qui plus est, hors plan de relance, la consommation ne semble pas suffisamment robuste pour jouer son rôle de moteur de l’économie comme c’est le cas habituellement. De même, la dépréciation de l'euro face au dollar devrait améliorer la compétitivité des produits français et dynamiser les exportations hexagonales mais cela se fera à une échelle assez modeste puisqu’une grande partie des échanges français est réalisée avec la zone euro.

La reprise économique en Ile-de-France se fait elle aussi à un rythme très modéré. La plupart des secteurs a encore la tête sous l’eau et rares sont ceux qui refont doucement surface ; c’est malgré tout le cas des secteurs qui ont le plus tôt souffert de la crise : parmi ceux-là, le secteur automobile même si on peut s’interroger sur son évolution après la fin de la « prime à la casse ». L’immobilier et le tourisme ont également amorcé un semblant de redémarrage. Parallèlement, les défaillances d’entreprises se font moins nombreuses et l’Ile-de-France est à l’heure actuelle moins affectée que la France par les faillites. Malgré cela, le marché de l’emploi francilien continue à se détériorer : si la remontée du chômage a marqué une pause au troisième trimestre, la hausse au quatrième trimestre a été très marquée (+ 0,5 point) et le taux de chômage régional a atteint 8,4 % au 4ème trimestre