La situation de l’emploi et de la conjoncture économique en Île-de-France à l'automne 2010

Automne 2010
Décembre 2010
Une publication
du CROCIS
21 pages
La plupart des pays sortent progressivement mais très péniblement de la crise. Même en Chine, des doutes sur la robustesse de la croissance sont apparus au printemps 2010. Au même moment, les Etats-Unis ont connu un ralentissement très marqué de leur activité. Alors que la reprise y était la moins soutenue depuis la sortie de récession c’est alors paradoxalement le Vieux Continent qui a profité de la baisse de l’euro pour dynamiser ses exportations et enregistrer un rebond de sa croissance après le contrecoup de la crise grecque. Toutefois, ce rebond n’a été que ponctuel et l’économie mondiale semble en manque d’une locomotive durable pour les prochains mois.

L'économie mondiale en manque d'une locomotive

Après une année 2009 qui restera comme celle de la plus importante récession de l’après-guerre, la croissance mondiale devrait afficher dès cette année un niveau proche de celui de 2007 (+ 4,4 % contre + 4,9 % il y a trois ans). Cette embellie est toutefois à relativiser car, depuis cet été, une nouvelle décélération du commerce mondial est redoutée.

En effet, l’économie manque cruellement d’une locomotive : si les pays émergents et, à un degré moindre les Etats-Unis, avaient dans un premier temps été les moteurs de la fin de récession puis du début de reprise, leur niveau d’activité a connu un coup d’arrêt au printemps dernier. Malgré tout, c’est l’Europe qui a alors pris le relai pour tirer l’économie mondiale : la baisse de l’euro (passé de 1,50 $ en décembre 2009 à moins de 1,20 $ début juin dernier) a en effet stimulé les exportations de la zone à cette période. La croissance de l’Allemagne a ainsi été de + 2,3 % au deuxième trimestre ; si les hausses ont été moins marquées dans les autres pays européens, la plupart d’entre eux a aussi vu augmenter ses exportations, soit hors Europe, soit vers l’Allemagne pour l’alimenter en produits intermédiaires.

Toutefois, la nouvelle appréciation de l’euro depuis le début de l’été pèse désormais sur les exportations et l’économie européenne a à son tour connu un nouveau ralentissement pendant l’automne. Les doutes sont d’autant plus importants pour les mois à venir que de nouvelles craintes sur les déficits publics sont réapparues dernièrement au Portugal et en Irlande. Ainsi, 2011 pourrait pâtir d’un nouveau ralentissement économique par manque d’une locomotive durable vers l’expansion.