Le taux de chômage francilien proche de son plus haut niveau depuis 10 ans

4e trimestre 2012
Mars 2013
Une publication
du CROCIS
8 pages
Si l'industrie a enregistré un léger redressement d'activité au quatrième trimestre 2012, celui-ci n'a pas été suffisant pour stimuler globalement et, encore moins, durablement l'économie francilienne.

En effet, dans le même temps, le BTP a vu son activité se modérer de plus en plus et le secteur des services a évolué tout aussi poussivement que les mois précédents. Il est à noter particulièrement que le secteur du tourisme a continué à plafonner, même si le trafic aérien a égalé — et même légèrement dépassé — son record de 2011. Cette faiblesse de l'activité en Île-de-France a notamment provoqué une seconde augmentation trimestrielle consécutive du nombre de défaillances d'entreprises recensées dans la région et a conduit le taux de chômage (8,8 %) à un niveau extrêmement proche de son plus haut des années 2000 (9,0 % début 2004).

Conjoncture française

Comme d'autres pays de la zone euro, la France a fini par franchir la ligne rouge de la récession en 2012. En effet, si, sur l'ensemble de l'année, l'économie française a enregistré une croissance nulle, les replis trimestriels de PIB se sont accumulés l'an passé (seul le troisième trimestre a enregistré une légère hausse de 0,2 %) : - 0,1 % au premier trimestre, - 0,1 % au suivant (c'est-à-dire que le pays était en "récession technique" dès le premier semestre 2013) et, surtout, - 0,3 % au dernier trimestre.

En effet, les légères contributions positives de la consommation des ménages et du commerce extérieur n'ont pas permis de compenser l'amplification du recul de l'investissement en fin d'année. Dans ce contexte tendu, le taux de chômage a continué à augmenter au quatrième trimestre et a franchi le seuil des 10,0 % en France métropolitaine (10,2 %).

Tendances à court terme

Les informations disponibles concernant la conjoncture régionale pour début 2013 montrent que le redressement de l'activité dans l'industrie qui avait eu lieu fin-2012 s'est interrompu dès janvier. Dans les services, la situation est encore plus morose et l'activité ne fait pas mieux que se maintenir mais à un niveau faible.

L'économie francilienne pâtit en effet toujours de la conjonction de plusieurs facteurs négatifs : d'une part, du contexte toujours aussi morose en Europe alors que d'autres zones dans le monde retrouvent un semblant de vigueur ; d'autre part, pour les entreprises les plus tournées vers l'international, de la surévaluation de l'euro face aux autres devises, même si la crise chypriote pourrait inverser significativement un cours déjà passé de 1,36 $ début février à 1,28 $ ces derniers jours ; enfin, d'un pouvoir d'achat des ménages qui reste contraint par un niveau de chômage de plus en plus élevé (le nombre des demandeurs d'emploi en catégorie A en Ile-de-France a dépassé les 590 000 en février, son plus haut niveau des années 2000).