L’Ile-de-France, centre névralgique de l’industrie du logiciel

186
Octobre 2016
L’édition francilienne de logiciels bénéficie d’un fort dynamisme soutenu par la transformation numérique de la société mais souffre de la petite taille de ses entreprises et peine souvent à transformer ses innovations en réussites commerciales. Où en est aujourd’hui le secteur dans la région-capitale ?

L’Ile-de-France est de loin la première région du logiciel puisqu’elle concentre 45 % des établissements et 54 %  des emplois français du secteur, avec un effectif de 28 200 personnes (source Urssaf-Acoss). Selon le classement annuel « Truffle 100 2016 », qui identifie les 100 principaux acteurs du logiciel en France, la région-capitale concentre 60 sociétés, qui réalisent pour leur activité édition un chiffre d’affaires de 6 225 M €, soit 83 % du chiffre d’affaires édition des 100 premiers acteurs au plan national. 9 des 10 premiers acteurs français du logiciel sont situés en Ile-de-France.

L’Ile-de-France dispose de nombreux atouts favorables au secteur de l’édition de logiciels, à commencer par ses ingénieurs très qualifiés et la présence d’une forte recherche publique joue également un rôle important pour stimuler l’innovation.

Une activité très concentrée dans deux départements 

Deux départements représentent l’essentiel de l’activité des éditeurs de logiciels : Paris et les Hauts-de-Seine. Les Yvelines ne représentent quant à elles que 9 % des établissements et 13 % des effectifs, mais abritent le leader français et n°2 européen du logiciel, Dassault Systèmes, situé à Vélizy-Villacoublay (Yvelines), spécialiste des logiciels de gestion de cycle de vie du produit et de modélisation 3D. La société réalise à elle seule 30 % du chiffre d’affaires des 100 premiers acteurs de l’édition logicielle française.

Des acteurs de petite taille

La majorité des établissements sont de petite taille, puisque 56 % d’entre eux n’ont pas de salarié. On note là une des faiblesses de ce secteur très atomisé : le manque d’entreprises de taille intermédiaire qui pourraient devenir des acteurs de rang mondial.

Des difficultés de financement persistantes

Une des explications de l’atomisation du secteur des logiciels réside dans la difficulté d’accéder aux capitaux, surtout sur le long terme : le capital-risque est essentiel pour la croissance des entreprises innovantes mais il est bien souvent insuffisant. Et des investissements importants sont nécessaires, notamment en R & D, pour suivre les nombreuses évolutions technologiques.

La révolution du cloud

L’évolution des technologies bouscule le modèle économique même des éditeurs de logiciels. Ce modèle a longtemps reposé sur la vente de logiciels sous forme de licences, qui étaient renouvelées régulièrement, ainsi que de services associés (maintenance, « hot line », formation …).

Depuis le début des années 2000, la consommation des logiciels peut aussi s’effectuer à distance, et à la demande grâce au cloud : ils sont donc de plus en plus commercialisés sous forme de paiement à l’usage ou d’abonnements, et moins sous forme d’achats de licences comme auparavant. Le logiciel est donc vendu comme un service. Or ce passage vers le cloud implique pour les éditeurs traditionnels un changement de modèle économique, une réorganisation et des investissements importants.

La transformation numérique des entreprises dope la demande de logiciels

La transformation numérique constitue un facteur de croissance essentiel pour les acteurs de l’économie du logiciel, qui devrait perdurer dans les années à venir. Les éditeurs doivent toutefois faire face à une concurrence internationale forte.

Une croissance continue, tirée par les SMACS

Le secteur connait depuis plus de deux décennies une forte croissance, souvent à deux chiffres. Les segments les plus porteurs pour l’avenir devraient être selon les experts les projets liés aux « SMACS », acronyme anglais de Social (Réseaux sociaux), Mobile (mobilité), Analytics (big data ou mégadonnées (exploitation massive de données)), et informatique décisionnelle), Cloud (informatique en nuage), Security (sécurité).

Le marketing et l’export, les deux points faibles des éditeurs

Hormis les grands éditeurs -Dassault réalise plus de 60 % de son chiffre d’affaires à l’étranger-, la plupart des acteurs du logiciel sont peu présents à l’international.

Le développement commercial de l’entreprise est, lui aussi, bien souvent un des points faibles des éditeurs, très compétents sur les aspects techniques mais souvent peu conscients de la nécessité d’améliorer le marketing en direction du client et la commercialisation de leurs produits.