5 questions sur l'apprentissage à Nicolas Attenot, président de BIOLIE

A la direction de BIOLIE, une startup créée en 2012 dont l’activité est axée sur l’extraction d’huiles végétales par des enzymes au lieu de solvants chimiques, Nicolas Attenot a recours à l’apprentissage pour compléter ses équipes. Nous lui avons posé 5 questions sur l’apprentissage : un dispositif qui comporte de très nombreux avantages.

1. Quelle place prend (ou a pris) l’apprentissage dans le fonctionnement de votre société Biolie ?

Nous avons actuellement une apprentie ingénieur, depuis le mois de septembre. C’est la première fois que nous y avons recours depuis la création de notre société en 2012, car jusqu’ici, nous n’en avons pas eu besoin. Nous allons faire appel à un second apprenti, à la rentrée prochaine, mais cette fois en marketing. Nous n’avons pas de restrictions. En théorie, un apprenti peut provenir de tous les domaines.

2. Quels avantages trouvez-vous au fait d’avoir recours à un apprenti, et en quoi cela est important ?

Les avantages sont multiples. Pour l’entreprise, l’apprenti est un élément de plus sur lequel nous pouvons compter. Nous participons aussi de façon très concrète à la formation d’un jeune, et ce n’est pas rien. Cela fait partie intégrante de notre philosophie. Il y a aussi, évidemment, un avantage économique, puisque nous avons recours à un personnel complémentaire qualifié à moindre coût. L’apprenti, lui, apprend de façon bien plus approfondie. D’après ma propre expérience, l’école forme à l’ouverture d’esprit, à un regard critique sur le monde, mais la théorie enseignée n’est pas mise en pratique, donc les acquis sont très fragiles. A mon sens, on n’assimile les connaissances que le jour où on commence à les employer, à « mettre les mains dedans », dans le cadre d’un stage, ou d’un apprentissage, donc.

3. Quelle voie ont ensuite suivi le ou les apprentis auxquels vous avez eu affaire ?

L’apprentie que nous avons actuellement compte passer une année de césure à l’étranger. Mais nous songeons déjà à l’embaucher à son retour. Elle est familière de notre équipe, elle a été formée à notre technologie innovante (l’extraction propre d’huiles et d’actifs végétaux, sans solvant, à base d’eau et d’enzymes, NDLR), et elle a assimilé l’esprit de notre start-up. Généralement, dès lors que ça se passe bien, tout le monde y trouve son compte, et l’embauche est une suite logique.

4. Quels conseils donneriez-vous à des professionnels souhaitant faire appel à des apprentis ?

D’abord, ne pas hésiter ! La filière de l’apprentissage est encore aujourd’hui sous-valorisée, alors que c’est une des meilleures. Un ingénieur apprenti n’a souvent pas la même aura qu’un autre issu du circuit traditionnel. Il existe peut-être la crainte, pour l’employeur, de ne pas avoir quelqu’un de suffisamment qualifié d’un point de vue théorique. Ou au contraire de manquer de temps pour l’encadrer. Mais si les conditions sont réunies, s’il y a le temps et les ressources pour s’investir dans la formation de l’apprenti tout en en bénéficiant, alors il n’y a plus d’obstacles.

5. Si vous pouviez réformer l'apprentissage en France, quelle action entreprendriez-vous ?

J’imposerais l’apprentissage dans toutes les filières pour une année minimum. Ce serait le meilleur moyen pour les gens de voir ce que c’est réellement, de désamorcer les a priori tenaces. Ils se rendraient compte que l’apprentissage est loin d’être le « plan B », le « pis-aller » qu’on imagine. Et je motiverais les employeurs par une incitation financière plus importante.

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Le 16/06/2016