Glowee : les bactéries comme source de luminescence

Grâce à des bactéries productrices de lumière, la start-up intensifie sa R&D pour donner à sa technologie sans émission de CO2 une part conséquente dans l’éclairage, qui représente 19 % du total mondial de la consommation d’électricité.
Lauréate 2015 du Genopole Young Biotech Award avec sa technologie basée sur le génie génétique et la biochimie, Glowee a suscité l’intérêt de grands groupes depuis la naissance du projet, en 2013. La start-up créée en 2014 au CEA de Fontenay-les-Roses et installée à la pépinière Genopole de la CCI Essonne (Evry) en 2016, a également fait partie de la sélection des 10 innovateurs de moins de 35 ans nommés par la MIT Technology Review en 2016. 
 
Ce fort écho médiatique a sans aucun doute concouru à la réussite de deux levées de fonds par crowdfunding (Ulule) de 45 000 euros en 2015 et de 644 000 euros, en seulement 9 jours, en 2016, pour accélérer son développement rapidement en élargissant son équipe de R&D.
 
Car l’enjeu est de taille. Le système de bioéclairage mis au point par Glowee prend pied, en effet, sur un marché de l’éclairage qui représente 19 % du total mondial de la consommation d’électricité !
 
En cette période de transition énergétique et écologique, cette nouvelle manière de produire de la lumière, sans émission de CO2, sans raccordement ni apport supplémentaire d’énergie pour l’utiliser, ne manque pas de potentiel. « Il faut juste nourrir les bactéries », explique Sandra Rey, la créatrice de Glowee diplômée de l’école de design Strate (berceau du projet) et de ESCP Europe (entrepreneuriat social), qui a solutionné, avec son équipe scientifique, la question en les encapsulant dans une coque transparente contenant un gel nutritif. 
 
Des applications dans l’événementiel
Pour autant, si le développement de Glowee a été rapide (elle compte aujourd’hui une quinzaine de salariés, techniciens et chercheurs aux profils variés : biologie, biochimie, ingénierie métabolique), il est loin d’être achevé. « L’intensité lumineuse que nous obtenons est encore faible et il nous manque un interrupteur on/off. Ceci nous limite actuellement  à une utilisation du bioéclairage à l’événementiel comme l’installation artistique spectaculaire réalisée lors de la Nuit blanche 2016 à Paris. Mais grâce à nos avancées technologiques, nous pourrons bientôt traiter l’habillage de vitrine, la signalétique, le mobilier urbain et autres mises en valeur », poursuit Sandra Rey, adepte du biomimétisme (s’inspirer de la nature, NDLR) pour guider ses recherches. 
 
Le 30/11/2017