Des yeux et des ailes - Interview d'Alexandre Liagre, directeur commercial d'Aeromapper

Aeromapper fabrique des drones et propose des services dédiés à la cartographie pour des usages variés : topographie, surveillance et inspection de sites industriels ou analyses de cultures... Rencontre avec Alexandre Liagre, directeur commercial de cette entreprise implantée à Bourg-la-Reine.

Comment est née cette entreprise ?

Aeromapper a été fondée par Alexandre Gahide et Nicolas Sonnet. Tous deux travaillaient auparavant comme pilote et ingénieur pour des missions de cartographies aériennes dans le monde entier. A de nombreuses reprises, ils ont regretté qu’il n’y ait pas d’alternative à l’utilisation d’un avion pour ces missions, alors que sur certains chantiers, le choix de cet outil leur semblait surdimensionné.

En 2012, une nouvelle réglementation a donné un cadre à l’exploitation professionnelle des drones en France. La possibilité de faire du vol hors vue, c’est-à-dire hors du champ de vision du pilote au sol, permettait d’envisager une utilisation plus étendue de cet outil notamment pour traiter des chantiers de taille intermédiaire. Une opportunité qui leur a donné l’idée de créer cette entreprise. 

Comment s’articulent vos activités ? 

Nous sommes tout d’abord concepteur et fabricant de drones de cartographie de longue portée. Ces appareils peuvent être rapidement déployés, dotés de 3h d’autonomie, et permettent une exploitation dans un rayon d’action de 10 km. Nous les vendons, en France et dans le monde, à des entreprises qui souhaitent effectuer des missions de veille sur leurs sites industriels, en particulier dans le secteur de l’énergie (pipeline, gazoduc, centrales électriques…).

Pour répondre aux besoins exprimés par certains de nos clients, nous avons développé par la suite une offre de service dédiée. Nous mettons notre expertise à leur service pour réaliser des missions clés en main depuis la planification du vol jusqu’à la collecte aérienne des données, voire dans certains cas, le post-traitement et l’analyse des données. Nous embarquons, selon les besoins de nos clients, différents types de capteurs (infrarouge, thermique, rvb…) qui permettent d’apporter différents types d’informations. 

Sur quels marchés intervenez-vous ?

Nous travaillons principalement en France, mais nous sommes aussi parfois amenés à effectuer, pour le compte de nos clients, certaines missions en Europe et dans le reste du monde, notamment en Afrique ou en Amérique du Sud. 

Quel soutien la CCI vous a-t-elle apporté dans le cadre de votre développement ? 

A l’époque où nous étions implantés à Montmagny, nous avons eu l’occasion de participer à des ateliers thématiques et à des évènements organisés par la CCI Val-d’Oise, et d’y développer des contacts. Nous avons depuis transféré nos activités à Bourg-la-Reine.  A ce titre, nous avons été invités par la CCI des Hauts-de-Seine à exposer au salon Vivatech. Cela nous a permis principalement de nous faire connaître. Certains projets sur lesquels nous travaillons actuellement sont d’ailleurs issus de rencontres faites sur ce salon.   

Certains prédisaient, il y a quelques années, un bel avenir pour l’utilisation commerciale des drones. Qu’en est-il exactement ?

Entre 2012 et 2015, le drone a souvent été présenté, par la presse notamment, comme un nouvel eldorado, une activité high-tech un peu spectaculaire et prometteuse en termes d’usages et de croissance. Or, il ne faut jamais oublier qu’un drone n’est pas simplement une machine destinée à voler. Il doit proposer une offre de services pertinente sur le plan économique.

Dans un premier temps, les entreprises ont eu besoin de se familiariser avec ce nouvel outil  et de le tester pour vérifier s’il apportait un plus, tant au niveau des services rendus que du retour sur investissement. Nous sortons progressivement de cette phase d’expérimentation et on voit de plus en plus d’entreprises passer des contrats cadre pour l’usage de ces drones avec de vrais cahiers des charges. La filière est aussi en train de se structurer, de se professionnaliser et de générer un vrai savoir-faire. Cette activité a donc de belles années devant elle. 

 

Le 18/10/2019