Denis Payre : l’entrepreneur citoyen

Après avoir dirigé Business Object et Kiala, deux belles réussites française puis défendu l’entrepreneuriat au sein de Croissance Plus, Denis Payre a fondé, il y a un an, Nous Citoyens, un nouveau mouvement politique qui souhaite redonner la parole à la société civile dans le débat publique. Il était, le 12 septembre dernier, l’invité du Club Entreprises La Tribune – CCI Paris Île-de-France.

« Dans beaucoup de domaines, nous avons constaté un profond décalage entre les politiques mises en œuvre dans notre pays depuis des années et la situation des français. Nos hommes politiques se sont de plus en plus enfermés dans le déni et refusent de voir les réalités telles qu’elles sont. On ne nous parle pas des vrais sujets » déplore Denis Payre. Face à une vie politique de plus en plus dominée par des « politiques de carrière » issus pour la plupart de la sphère publique, la société civile doit prendre son destin en main, estime le fondateur du mouvement Nous Citoyens.

Réduire le poids de la dépense publique

La France ne peut espérer sortir de la crise tant que ses problèmes structurels ne sont pas résolus. « Il faut arrêter de faire des réformes au rabot, de faire des économies sur les gommes et les crayons » insiste Denis Payre. La maitrise des finances publiques passe nécessairement par une réforme en profondeur du fonctionnement des services de l’Etat et de l’organisation territoriale: « La France représente au niveau européen 12 % de la population mais concentre 40 % des collectivités locales ».

Libérer l’emploi, alléger la fiscalité

Il ne faut pas attendre non plus d’amélioration de la situation de l’emploi en France sans un assouplissement de la législation sur les contrats de travail : « Aujourd’hui,  lorsqu’un entrepreneur signe un contrat, il a les mains qui tremblent. Résultat : les chefs d’entreprise signent le moins de CDI possible. Un tiers des PME sont d’ailleurs en sous effectifs, alors qu’il y a du chômage. Il faut une grille très claire qui détermine un coût en amont dans le cas du départ d’un salarié, pour que l’on n’ait plus de débat sur le motif de licenciement ou le montant des indemnisations. Tous les pays qui ont retrouvé le plein emploi ont mené ces réformes ».

Autre point de blocage : la sur-fiscalité : « La France  a des prélèvement obligatoires équivalant à 46 % de notre PIB contre 40 % pour la moyenne européenne. 6 points de PIB supplémentaires, c’est 120 milliards d’euros, c’est 4 fois le budget de la Défense » insiste Denis Payre. Une situation indissociablement liée à l’envolée de la dépense publique « qui représente aujourd’hui 57 % du PIB contre 40 % en 1974 ».

A cela s’ajoute un accroissement de la dette publique de 80 milliards d’euros en 2013 : « Nous empruntons tous les jours 800 millions d’euros pour régler les salaires des fonctionnaires, pas pour payer des TGV ou des autoroutes ! ».

En dépit de ce réquisitoire sévère, Denis Payre reste un citoyen optimiste : « La France est une surdouée malmenée qui s’ignore. Ce pays a tout pour réussir, particulièrement dans une ère de mondialisation.  On peut y arriver. Nous avons des réserves de créativité et d’innovation et une capacité à maitriser la complexité qui est exceptionnelle ».
 

Le 22/09/2014