Coworking et télécentres : un marché en pleine expansion

En Île-de-France, 25 % de la population active travaille plus d’un jour par semaine en dehors du bureau. Si dans 80 % des cas le domicile est privilégié, d’autres lieux sont aujourd’hui accessibles : les tiers-lieux collaboratifs, auxquels le CROCIS, le centre d’observation régional de la CCI Paris Île-de-France vient de consacrer une étude.

Espaces de coworking, télécentres ou ateliers partagés, ces tiers-lieux permettent aux actifs de travailler à distance dans des lieux aussi bien équipés que l’entreprise. Ils proposent des espaces de travail (individuels ou non), des salles de réunion, des équipements variés, l’accès au haut ou très haut débit... Mais surtout, ils facilitent les échanges, favorisent l’interdisciplinarité, la créativité et l’innovation ouverte, et ouvrent la voie à de possibles synergies d’affaires.

62 % des utilisateurs sont des indépendants, contre 38 % de salariés, essentiellement de TPE et PME ; les grandes entreprises n’ayant pas encore vraiment identifié les télécentres et espaces de coworking pour leurs salariés. Or, un poste de travail dans un tiers‐lieu coûterait de 1,5 à 2 fois moins cher qu’un poste de travail permanent dans une entreprise francilienne. Le marché des tiers‐lieux prendrait une tout autre dimension si les grandes entreprises les intégraient dans leur organisation.

Le réseau de tiers‐lieux franciliens est aujourd’hui assez dense, surtout en zone urbaine. On en compte 138, dont plus de la moitié à Paris (77). Les offres sont très flexibles, la location d’un poste de travail pouvant se faire à l’heure, au mois, à l’année… Mais des progrès doivent être faits pour rendre ces lieux interopérables et permettre de passer d’un lieu à l’autre avec un même abonnement.

Sur ce marché très récent, le modèle économique est encore flou et l’effet de mode lié au coworking a attiré de nombreux entrepreneurs. Mais leur capacité à remplir les espaces, les faire vivre dans la durée et de manière rentable reste à démontrer, d’autant que la croissance rapide de ce marché a aiguisé l’intérêt des acteurs traditionnels de l’immobilier de bureau et des centres d’affaires.

En effet, les centres d’affaires s’inspirent de certains aspects du coworking en proposant des animations ou des outils de mise en relation pour favoriser le développement d’un réseau. Ils investissent aussi les zones de transit : gares, aéroports, stations‐services. Sachant que le Grand Paris Express comptera 72 gares en réseau, il y a là un potentiel de développement réel pour des tiers‐lieux.

D’autres grands acteurs de l’immobilier de bureau proposent également des espaces temporaires équipés à la demande. Ils offrent ainsi des bureaux « satellites » à de grandes entreprises, mais aussi des espaces aux start‐up et TPE‐PME qui ne veulent pas s’engager dans des baux classiques de trois ans minimum et recherchent de la souplesse.

« A l’horizon 2025‐2030, le coworking sera une industrie à part entière comme l’hôtellerie ou la restauration, avec la même diversité d’acteurs et la même variété de services », a déclaré Jean‐Yves Huwart, organisateur de la première conférence internationale sur le coworking.

Consultez l’étude du CROCIS : Coworking et télécentres, un marché très convoité en Île-de-France
 

Le 21/04/2016