Croissance numérique : un nouveau levier pour les entreprises

A l’heure où la France s’interroge sur son avenir, la CCI Paris Île-de-France a souhaité porter un message positif à destination du monde économique en organisant, le 12 décembre dernier, dans le cadre des Entretiens Friedland, une rencontre consacrée au rôle moteur de la croissance numérique dans la transformation des entreprises.

En dépit de nombreux atouts, « la France ne semble pas retirer tous les bénéfices du développement de l’économie numérique, en termes de croissance et de création d’emploi » souligne Frédéric Brunet, membre de la CCI Paris Île-de-France, président de l’Echangeur PME. Pourtant, tous les acteurs économiques, qu’ils soient publics ou privés, peuvent tirer profit de cette révolution digitale, comme le souligne le dernier rapport de la CCI Paris-Île-de-France « Le numérique : levier d’une nouvelle croissance ».

Une révolution culturelle dans l’entreprise

Mais cette mutation technologique doit nécessairement s’accompagner d’une révolution culturelle dans l’entreprise. « La mise en place des outils numériques bouleverse les organisations. Toutes les directions doivent réapprendre à travailler ensemble » souligne Valérie Dagand-Moxet, présidente de Cyberelles et d’EvenBy.

« De la tablette au smartphone en passant par les réseaux sociaux, les points de contact avec le client se multiplient, rendant d’autant plus nécessaire l’avènement d’une entreprise interconnectée capable d’analyser et d’exploiter les informations de son big data », estime-t-elle.

Pour Vincent Ricordeau, co-fondateur de la plate-forme de financement communautaire KissKissBank, « la logique du client roi appartient déjà au monde d’hier. La logique de demain est de remplacer le client par une communauté ».

Rapprocher initiatives privées et politiques publiques

Dans ce nouveau monde qui donne la prime à l’agilité, à la vitesse et à l’innovation, « rares sont les entreprises de la filière numérique qui, à l’image de CRITEO réussissent à atteindre une taille importante et à se faire un nom sur la scène internationale », constate Frédéric Brunet.

« Les entreprises françaises évoluent dans un environnement social et fiscal plutôt hostile. Elles éprouvent aussi des difficultés à lever des fonds en raison de la faiblesse de notre capital-risque » estime pour sa part Julien Levy, professeur au groupe HEC, directeur de la Chaire d’e-business Digital Innovation for business.

« En matière d’innovation, un rapprochement entre acteurs publics et privés est toujours nécessaire au départ pour que la mayonnaise prenne. Notre rôle, c’est de faire en sorte que les choses s’accélèrent » précise Stéphane Distinguin, président du pôle de compétitivité Cap Digital. « Ce qui s’est fait ces dernières années a déjà permis aux différents acteurs de mieux se comprendre et de commencer à travailler sur des projets communs ».

Israël, la « start-up nation », fait un peu figure de référence dans ce domaine. «Notre pays a voulu se positionner comme un centre de R&D international. La sphère publique a même décidé d’utiliser des interlocuteurs privés pour investir plus efficacement dans cet univers du numérique » précise Uri Weinheber, CEO de l’incubateur israélien « TheTime ».

« La transformation numérique de toute notre économie est une magnifique opportunité nous permettant de répondre aux grands enjeux auxquels notre pays est confronté » insiste Guy Mamou-Mani, co-président du Groupe OPEN et Président du Syntec numérique, en conclusion de cette rencontre. 

Le 01/12/2013