Les entreprises franciliennes du jeu vidéo à la loupe

Selon une étude réalisée par le Crocis, le centre d’observation économique régional de la CCI Paris Ile-de-France, le jeu vidéo est une véritable spécialité francilienne. En effet, la région Ile-de-France rassemble, à elle seule, 81 % des effectifs nationaux d’un secteur composé d’entreprises compétentes et dynamiques mais souvent fragiles sur un marché mondialisé.

Entre 2005 et 2011, l’industrie francilienne du jeu vidéo a connu un important bon en avant : le nombre d’établissements a augmenté de 250 % ! Une hausse qui s’explique notamment par la dématérialisation des jeux ainsi que par le développement de nouveaux usages et de nouveaux supports (smartphones, tablettes tactiles…).

Fin 2011, 120 établissements étaient recensés par l’INSEE en Ile-de-France, représentant un total de 1 240 salariés, soit 81 % des effectifs nationaux. Trois départements étaient alors identifiés comme des zones d’implantation privilégiées des emplois du jeu vidéo : les Yvelines, avec près de la moitié des effectifs (48 %), Paris (22 %) et les Hauts-de-Seine (17 %).

La présence en Ile-de-France des sociétés Activision Blizzard à Vélizy (Yvelines), Ubisoft à Paris et Montreuil, ou encore des studios de production Quantic Dream et Cyanide basés respectivement à Pantin et à Nanterre, contribue à la renommée d’un savoir-faire francilien reconnu dans le monde entier. La France est, rappelons-le, le 2e producteur de jeu vidéo en Europe derrière le Royaume-Uni et 80 % de sa production est exportée à l’international.

A leurs côtés, de nombreuses entreprises ont été créées sur le territoire francilien; des structures en majorité de très petite taille puisque 90 % d’entre-elles comptent moins de 10 salariés. Ces entreprises sont de plus en plus positionnées sur les jeux mobiles et sociaux qui nécessitent des budgets et des délais plus modestes que les jeux traditionnels, mais qui les exposent à une forte concurrence.

D’une manière générale, les entreprises du jeu vidéo, souvent sous-capitalisées, peinent à trouver des financements auprès des banques. Le secteur bénéficie toutefois de de dispositifs de soutien publics.

Outre cette problématique, le marché du jeu vidéo est confronté à la concurrence des pays étrangers, comme le Canada ou le Royaume-Uni, qui mettent en place des dispositifs incitatifs très performants au point que de nombreuses entreprises françaises partent s’y implanter. Les effectifs d’Ubisoft au Québec représentent, par exemple, 3 000 personnes.

Pour pallier ces difficultés, des projets complémentaires de création de fonds d’investissement sont actuellement à l’étude auprès des groupements professionnels (Syndicat National du Jeu Vidéo, Capital Games). La région Île-de-France s’est, de son côté, alliée à plusieurs régions européennes au sein du projet européen Boo Games, qui a pour objectif de renforcer le secteur.

Le 01/11/2013