État de l'art

En temps de crise, les financements si nécessaires au développement des industries de la création se font parfois attendre. Notre pays abrite pourtant de vrais gisements de croissance dans ce secteur, déplore Aurélie Filippetti. La Ministre de la Culture et de la Communication était, le 11 octobre dernier, l’invitée du Club Entreprises La Tribune/CCI Paris Ile-de-France.

« Notre ministère passe toujours pour un ministère dépensier et la culture fait souvent figure de danseuse » s’insurge Aurélie Filipetti. « On prend rarement en compte l’impact de cette activité dans notre économie ».

Avec ses musées, ses festivals, son patrimoine historique et artistique, son cinéma et ses champions du film d’animation ou des jeux vidéo, la France n’a certes pas à rougir de ses multiples « perles de culture ». Dans l’espace européen, la France de « l’exception culturelle » - faut-il y voir un lien - semble d’ailleurs faire figure…d’exception. « Il est normal que ceux qui diffusent des œuvres contribuent à leur production. C’est un cercle vertueux dans lequel chacun à y gagner en matière de diversité. Étendre cette taxation aux appareils connectés me paraît juste ».

La culture pèse plus que l’agriculture

« Avec 2,8 % du PIB, la culture pèse plus que l’agriculture. C’est une priorité que de valoriser cet apport économique » insiste Aurélie Filippetti. Les activités culturelles et les industries de la création génèrent, à elles seules, plus d’un million d’emplois directs, indirects ou induits majoritairement dans le secteur privé. Un secteur dans lequel gravitent bon nombre de TPE ou de PME qui, pour se lancer ou se hisser sur le devant de la scène, peinent à trouver des investisseurs.

« L’IFIC (NDLR : Institut pour le financement du cinéma et des industries culturelles) facilite déjà l’obtention de prêts auprès de banques. Je veille également à ce que la Banque publique d’investissement (BPI) puisse jouer un rôle important dans ce domaine » souligne la Ministre de la Culture et de la Communication. Des instruments fiscaux, tels que le crédit d’impôt cinéma ou le crédit d’impôt international, contribuent également au soutien du secteur. « Ces aides évitent parfois les délocalisations de tournages et nous permettent d’attirer, en France, des productions internationales ».

Développer le mécénat des PME

Aurélie Filippetti se félicite aussi du maintien du dispositif de la loi relative au mécénat, dite « loi Aillagon ». « C’est l’un des dispositifs fiscaux les plus avantageux au monde. Chaque année, 40 000 entreprises investissent 2 milliards d’euros dans le mécénat et de plus en plus dans le secteur culturel. Nous travaillons à l’amélioration de ce dispositif en direction des PME ».

Avec un budget ministériel en baisse de 2 %, l’ère des grands travaux des années 80 semble bien révolue. Place à des actions plus ciblées et mieux orientées. « Notre pays est aujourd’hui bien équipé. Il faut surtout faire davantage circuler nos œuvres, nos compagnies, nos troupes sur tout le territoire. L’État et les collectivités locales ont tout à gagner à mieux travailler ensemble » estime Aurélie Filipetti.

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Le 01/10/2013