Fuite des centres de décision : réactivons le « réflexe France »

La France peut se réjouir d’avoir donné naissance à un nombre élevé de grands groupes mondiaux. Mais elle assiste aujourd’hui à une multiplication des départs de leurs centres de décision. Pour endiguer ce mouvement, la CCI Paris Île-de France suggère, dans son étude "Fuite des centres de décision, quelles réalités ?", un traitement de choc pour rétablir l’attractivité de nos territoires et le « réflexe France », notamment auprès des investisseurs internationaux.

Si la France n’est pas la seule à être concernée par ce phénomène, elle semble davantage touchée que les autres grandes démocraties occidentales. Or, les grands groupes sont une composante majeure de notre économie, à travers la très forte qualification des emplois qu’ils créent et, bien plus, par leur impact sur l’économie et la stimulation du tissu des PME.

Pourtant, notre pays dispose d’atouts incontestables, qu’il s’agisse de sa capacité d’innovation, de son aptitude à former les élites, de ses secteurs d’excellence tels l’aéronautique, le luxe, les biotechnologies…, ou encore de la qualité de ses infrastructures de transport et de télécommunication.

Mais son instabilité réglementaire, sa fiscalité sur les sociétés et les personnes physiques, la rigidité de son droit social, la diabolisation des patrons, le mauvais climat économique, tout comme la perte de vitesse de la place financière de Paris, sont autant de facteurs qui incitent les entreprises à délocaliser leurs centres de décision.

Il est donc urgent d’agir pour rétablir l’attractivité de nos territoires en opérant une véritable rupture, tant culturelle que structurelle, visible aux yeux des dirigeants français et des investisseurs internationaux. Il importe pour cela de garantir la stabilité de notre cadre réglementaire, en particulier la non-rétroactivité des évolutions fiscales. Et il faut aussi avoir le courage d’agir sur la fiscalité afin de mettre la France en conformité avec son environnement concurrentiel international.

Ceci suppose d’aligner sur les meilleures pratiques internationales, la pression et la complexité fiscales pesant sur les entreprises (taux d’IS à 25 %, suppression de la « taxe à 75 % », etc.), ainsi que l’imposition des revenus du travail et du capital des personnes physiques.

Il convient par ailleurs d’assouplir notre droit social à travers une démarche résolue de flexisécurité et d’aligner les revenus nets des cadres dirigeants sur les best practices internationales. Il faut aussi consolider la place financière de Paris en abandonnant notamment le projet de taxe sur les transactions financières.

Définir un plan stratégique d’attractivité visant à la création d’un « réflexe France » qui repose sur les secteurs d’excellence, régionaux et nationaux, d’aujourd’hui et de demain est une nécessité. Tout comme valoriser nos atouts en s’appuyant sur la diversité et le niveau de nos talents, les réussites en matière d’innovation et d’entrepreneuriat et sur le potentiel escompté du Grand Paris. Il faut enfin oser affirmer publiquement la place déterminante des grands groupes, de leurs dirigeants et de leur personnel.

Consultez l’étude de la CCI Paris Île-de France Fuite des centres de décision, quelles réalités ?
 

Le 27/11/2014