Geoffroy Roux de Bézieux : moins de fiscalité pour plus de compétitivité

Alors que la reprise semble s’amorcer chez nos principaux voisins européens, la France reste à la traîne. Un allègement de 100 milliards sur la fiscalité et les charges des entreprises permettrait à notre économie d’être plus compétitive et de pouvoir faire jeu égal avec l’Allemagne estime Geoffroy Roux de Bézieux. Le vice-président du MEDEF était, le 14 janvier dernier, l’invité du Club Entreprises La Tribune/CCI Paris Île-de-France.

Notre pays doit faire face à des difficultés conjoncturelles objectives mais tarde aussi à se réformer en profondeur, déplore le numéro 2 du MEDEF: « Nous sommes le pays qui a fait le moins de réformes de structure en Europe depuis 20 ans. Nous sommes restés dans l’immobilisme alors que le modèle de l’Etat-providence, né de l’après–guerre, ne fonctionnait plus. » Nos voisins européens ont compris qu’ils étaient « totalement au pied du mur ». Mais la France n’a pas ce sentiment d’urgence. Elle dispose d’une quantité de dispositifs qui amortissent les effets de la crise.

L’inflation salariale dans le privé a contribué pour partie à la perte de compétitivité des entreprises françaises, admet Geoffroy Roux de Bézieux : « Les accords comme ceux signés chez Renault et PSA sont un progrès. En Allemagne, la généralisation de ce type de compromis sur les salaires a contribué à la guérison de son économie. C’est une piste à suivre. »

Mais nos entreprises sont bien davantage « plombées » par le poids de la fiscalité et des prélèvements sociaux, selon le vice-président du MEDEF. « Depuis 2011, on a ajouté 35 milliards d’euros de prélèvements fiscaux sur les entreprise. »

Un cap et des perspectives

En se « serrant la ceinture », l’Etat pourrait abaisser de 100 milliards la facture estime le MEDEF : « C’est simplement l’écart de compétitivité emmagasiné depuis une dizaine d’années par rapport à l’Allemagne. C’est 50 milliards sur le coût du travail dont une grande partie vient du différentiel sur les charges sociales et 50 milliards sur la fiscalité et pas simplement l’impôt sur les sociétés. »

Le numéro 2 du MEDEF entend rappeler certaines priorités, lors des Assises de la fiscalité : « Il nous faut des baisses d’impôt dès le projet de loi de finance 2015 parce que les entreprises sont asphyxiées et ont besoin d’un signal de confiance. Il faut aussi fixer un cap et des perspectives aux entrepreneurs. Lorsqu’ils embauchent des salariés aujourd’hui, ils ont aussi besoin de savoir au plan fiscal à quelle sauce ils seront mangés dans 5 ans ! »

Faut-il repenser les principes du CICE, envisager de nouveaux transferts de charge vers la TVA ou la CSG ? Pour le numéro 2 du MEDEF, les vrais sujets se situent ailleurs. « Il est indispensable de faire des économies sur les dépenses de protection sociale, en particulier les dépenses de santé. Notre dispositif d’assurance chômage qui accumule par ailleurs 18 milliards d’euros de dettes est le plus généreux des pays de l’OCDE. Il faut que ce système d’indemnisation incite davantage à retrouver un emploi » estime Geoffroy Roux de Bézieux.

Le 01/01/2014