Grand Paris : les grands défis de l’attractivité

Paris-Ile de France Capitale Economique a organisé, le 9 février dernier au siège de la CCI Paris Ile-de-France, son 2ème Forum Grand Paris « Innover pour réussir». Réunissant une centaine de décideurs politiques et économiques, ce forum a permis aux principaux acteurs mobilisés dans la réalisation du Grand Paris de présenter leurs contributions concrètes pour faire de la région capitale un modèle de métropole intelligente, performante et attractive.

Au-delà de la mise en œuvre du Grand Paris Express, ce projet « portera de l’innovation dans tous ses domaines d’application : aménagement, gares, mobilité au sens large, clusters, numérique…Tous ces volets sont imbriqués et participent à une stratégie d’ensemble » a tenu à rappeler le président de la CCI Paris Ile-de-France, Pierre-Antoine Gailly, en ouverture de ce forum.

« Notre CCI est partie prenante de ce projet et entend pleinement y jouer un rôle de facilitateur » a souligné à ce titre Etienne Guyot, le directeur général de la CCI Paris Ile-de-France en introduisant l’une des tables rondes de ce forum consacrée à l’attractivité. Cette implication et cet engagement dans la réussite de ce grand projet se sont intensifiés dernièrement avec la mise en place, au sein de la CCI Paris Ile-de-France, d’une mission Grand Paris. A travers cet outil, la CCI souhaite mobiliser l’ensemble de ses services autour de thématiques prioritaires liées à la réalisation du Grand Paris et à son développement futur : facilitation de l’accès des PME aux appels d’offres liés à la mise en œuvre du projet (50 Mds d’€ de commande publique), adaptation de l’offre de formation aux besoins des employeurs, mobilisation en faveur du développement de clusters.

Un premier partenariat a été signé dès cette année par la CCI avec ASTECH, le pôle de compétitivité dédié à l’aéronautique. D’autres projets de coopération pourraient être mis en place dans les prochains mois selon les territoires et les filières. La CCI souhaite également poursuivre son implication dans le secteur des congrès et salons, une activité essentielle à l’attractivité internationale du territoire et à sa croissance puisqu’elle attire chaque année 12 millions de visiteurs et génère 5 Mds d’€ de retombées économiques.

Comment soigner son « capital » séduction ?

A la Défense, Saclay, Rungis ou Roissy d’autres facilitateurs peuvent aussi jouer localement un rôle clé dans la montée en puissance du Grand Paris.

« Nous avons placé l’attractivité au cœur de notre projet d’aménagement » souligne Hugues Parant, le directeur de l’Etablissement public d’aménagement de La Défense Seine Arche (EPADESA).  Mais dans un environnement de plus en plus concurrentiel, comment maintenir et entretenir cette attractivité ? « Il faut un écosystème favorable, tant au niveau des transports, de l’enseignement que du logement. Nous devons également travailler sur la valeur immatérielle du pôle, l’efficience du site, les aménités urbaines qui s’y trouvent concentrées. » Pour se hisser aux premiers rangs mondiaux, une plate-forme d’affaires comme celle de La Défense doit aussi avoir « une véritable stratégie d’attractivité qui s’appuie sur le regroupement et la mise en réseau sur le site d’une dizaine de grands champions reconnus internationalement » souligne le directeur de l’EPADESA.

Pour Stéphane Layani, président directeur général de SEMMARIS, si l’attractivité peut être améliorée grâce aux leviers de l’aménagement, elle peut aussi reposer sur la concentration d’activités autour d’une thématique : « Les entreprises ont l’instinct grégaire. Elles veulent aller là où il y a d’autres entreprises dans le même secteur que le leur. Rungis est en mesure d’offrir aux entreprises qui s’y installent des services que vous n’avez nulle part ailleurs…» L’attractivité d’un site repose également, selon Stéphane Layani, sur sa capacité à proposer des services mutualisés mais aussi à communiquer sur une marque territoriale dont la notoriété profite à l’ensemble des entreprises du pôle d’activité.

« Nous avons fait un vrai travail de révélation autour du Grand Roissy que l’on connait moins que La Défense ou Paris Saclay » explique à ce propos Damien Robert, directeur de l’EPA Plaine de France. « Ce territoire est une vraie pépite. Nous avons recensé 25 projets prévus par des acteurs publics ou privés pour les vingt prochaines années sur le Grand Roissy. Des projets qui, s’ils se réalisent, généreront au total 15 Mds d’investissements et 130 000 emplois. Le rôle d’un EPA, comme facilitateur c’est aussi de révéler ces potentiels du territoire à ceux qui ne le connaissent pas mais aussi à ceux qui le connaissent, voire à ceux qui y habitent ou qui y travaillent. »

Un avis partagé par Pierre Veltz, Pdg de l’Etablissement public Paris-Saclay : « Nous concentrions 15 % de la recherche française mais, au fond, personne ne le savait. Nous avons réussi à installer la marque Paris Saclay. Quand on commence à révéler ce potentiel, quand on commence à aligner les aimants, la synergie s’installe entre les acteurs. »

Des acteurs qui, à l’image du CEA, peuvent aussi contribuer localement à l’attractivité du territoire : « Nous créons de la valeur, de la richesse. Le CEA, c’est 600 à 700 brevets par an, plusieurs centaines de start-up créées depuis 20 ans » indique Jacques Vayron, directeur du centre du CEA de Paris Saclay. « Nous pouvons également être un facilitateur en mettant par exemple nos installations à la disposition d’un futur cluster. »

D’autres obstacles à l’attractivité du Grand Paris ont également été relevés par les différents participants à cette table ronde : l’inadaptation de l’offre de logement, la multiplicité des interlocuteurs et le manque de clarté de la gouvernance, tant vis-à-vis des investisseurs internationaux que des entreprises.

« Pour être attractif il faut être lisible », insiste Etienne Guyot. « Le mot simplifier est un mot à faire passer aux pouvoirs publics. »

Pour en savoir plus sur Paris-Ile de France Capitale Economique

Le 18/02/2015