« Je veux faire avancer des projets concrets qui développent la croissance et l’emploi sur notre territoire »

A l’occasion de la signature d’une convention de partenariat entre la Région Île-de-France et les CCI d’Île-de-France, le 16 mars 2017, Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-de-France, fait un tour d’horizon des actions menées en faveur du développement de notre territoire.

Vous avez lancé un grand plan d’action en faveur de l’apprentissage, dès le début de votre mandat avec un pari ambitieux : passer de 80 000 à 100 000 apprentis en l’espace de 6 ans. Premier CFA de la région, la Chambre de commerce et d’industrie Paris Île-de-France peut-elle jouer un rôle moteur dans ce domaine ? Qu’attendez-vous de la CCI ?

Oui, nous avons mis le paquet sur l’apprentissage, qui est une voie de réussite pour l’insertion professionnelle des jeunes. Aujourd’hui, sept mois après la fin de leur formation, deux tiers des apprentis ont un travail ! Nous avons ouvert 4 000 places d’apprentis cette année. Les derniers chiffres de l’apprentissage pour la région Île-de-France ont montré une hausse de plus de 8 % du nombre de contrats d’apprentissage par rapport à l’an dernier. Ce chiffre n’a jamais été aussi élevé en Île-de-France !

Tous les acteurs sont mobilisés et la Chambre de commerce et d’industrie Paris Île-de-France au premier rang d’entre eux, a un rôle majeur à jouer. Nous souhaitons notamment qu’elle soit fer de lance de l’ambition régionale, qu’elle soit la locomotive de l’apprentissage en Île-de-France,  en recrutant cette année au moins 1 200 apprentis en niveaux III, IV et V. Nous avons en effet fait le choix à la Région de renforcer l’alternance au niveau infra-bac, qui souffre encore malheureusement d’une image négative, malgré de très belles réussites individuelles.

La région contribue activement, à travers l’attribution de fonds FSE, au financement de plusieurs programmes pilotés par la Chambre tant dans le domaine de la formation, de l’appui aux entreprises que du développement des territoires. Quel regard portez-vous sur ces différentes initiatives ?

Je me réjouis de la bonne coopération avec la CCI, qui a permis un rattrapage remarquable de ces financements. Quand les Franciliens m’ont élue Présidente de la Région en 2015, seuls 22 M€ avaient été engagés (l’Île-de-France était alors la dernière région française). Nous avons largement redressé la barre en 2016 en engageant quatre fois plus de crédits européens qu’en 2015, pour atteindre un total de 128 millions d’euros en février 2017.

Ce rattrapage était essentiel : la sous-consommation des crédits fait peser un réel risque de perte de crédits européens puisque les crédits non consommés sont récupérés par Bruxelles chaque année. En outre, les actions de la CCI sont vraiment complémentaires de celles que la Région peut mener par ailleurs. Par exemple, nous avons pu débloquer 255 000€ de FSE en faveur d’un excellent projet de formation dans le secteur de l’hôtellerie porté par l’école Ferrandi, qui est en phase avec nos priorités en matière de formation professionnelle.

Votre présidence est « pro-business ». Une ambition qui entre en résonance  avec les différentes actions que mène la CCI Paris Île-de-France en direction des entreprises. Quelles synergies peuvent-elles être envisagées entre nos deux organismes ?

En effet, comme les chefs d’entreprises, je veux être une Présidente de Région qui fait avancer des projets concrets qui développent la croissance et l’emploi dans notre territoire. Nous nous retrouvons largement sur ce point avec le nouveau Président de la CCI Paris Île-de-France, Didier Kling, avec qui j’étais d’ailleurs à Singapour le mois dernier.

Là-bas, nous avons notamment pu voir le projet porté par le gouvernement d’une modélisation 3D de la ville, dans lequel Dassault Systèmes fournit une brique logicielle essentielle. La Région Île-de-France souhaite lancer en 2017 une initiative pour faire de la Région Île-de-France la première « smart region » d’Europe, avec l’acquisition d’un outil de modélisation et un large déploiement de capteurs. Didier Kling m’a assurée de son soutien dans cette initiative, ce qui pourra se décliner par exemple par une candidature aux dispositifs de formation ou par le partage de données dont la CCI Paris Île-de-France est propriétaire sur la plateforme régionale.

Dans la course à l’attractivité que se livrent les grandes métropoles mondiales, la région capitale ne manque pas d’atouts, mais la concurrence reste rude.  Lors de votre venue sur le stand de la CCI, au Salon des entrepreneurs, vous avez d’ailleurs déclaré qu’il ne fallait pas hésiter à aller chercher les investisseurs « avec les dents » ! Sur ce point, comment concevez-vous la mission de la Région, l’articulation de votre action avec l’ensemble des acteurs du territoire ? Quel doit-être le rôle la CCI Paris Île-de-France dans cette démarche ?

La Région Île-de-France s’est positionnée très tôt sur le sujet de l’attractivité, qui est un sujet décisif pour l’emploi et le dynamisme économique et essentiel pour attirer des talents et des entreprises.

Dès le lendemain du Brexit, nous avons mené une vaste campagne auprès des investisseurs à Londres pour mettre en avant  les avantages d’une relocalisation en Île-de-France. Nous avons aussi été à Londres avec Europlace pour porter ce message directement auprès d’eux.  Paris Region Entreprise, l’agence de développement  économique de la Région, joue le rôle de guichet d’accueil « Choose Paris Region » pour l’ensemble des acteurs franciliens pour accueillir les entreprises intéressées.

La Région est vraiment la bonne échelle pour penser l’attractivité de notre territoire : en effet, elle est la plus à même à pouvoir prendre en compte, par ses compétences renforcées sur le développement économique, tous les atouts et territoires qui font notre attractivité : aéroports, quartier d’affaires de La Défense, cluster touristique de Marne-la-Vallée, cluster Paris-Saclay, Génopole d’Evry etc. J’ajoute que la CCI, qui anime la première place de congrès et de salons d’Europe, a tout son rôle à jouer dans cette stratégie offensive d’attractivité.

Il y a beaucoup de projets sur lesquels nous pourrions avancer ensemble. Par exemple : l’objectif partagé d’œuvrer en faveur d’une Région multilingue, qui parle parfaitement anglais. Des actions pourraient être déployées en commun. Les cadres étrangers recherchent un environnement international pour eux-mêmes et leur famille et nous avons des progrès à faire de ce point de vue.

Le 16/03/2017