Les clés d’un management multiculturel réussi

Chaque culture, chaque marché, chaque individu possède un fonctionnement, des normes et des motivations qui lui sont propre. Quels facteurs essentiels doivent être pris en compte par les entreprises pour réussir à « manager entre les cultures » ?

Les managers sont confrontés à d’autres manières de penser et de travailler lorsqu’ils sont en relation avec des correspondants situés à l’étranger, prospectent de nouveaux marchés, gèrent la pluralité des profils au sein d’une équipe que ce soit en matière de nationalité, de genre ou de métier…

Lors de la dernière conférence Emergence, organisée par le CIRPP et ESCP Europe, des experts se sont penchés sur ce sujet et ont partagé leurs conseils pour un management multiculturel réussi.

S’intéresser à l’autre

L’empathie est une dimension fondamentale du management multiculturel. Il ne s’agit pas d’imiter l’autre mais de se mettre à sa place pour pouvoir mieux le comprendre. Il ne faut pas « confondre l’apparence des phénomènes culturels avec leur explication » souligne Eric Godelier, professeur en sciences sociales à l'Ecole Polytechnique et auteur des livres La culture d'entreprise et Management multiculturel.

L’exemple du clanisme au Kazakhstan développé par Maral Muratbekova-Touron, professeure associée de cross-cultural management et management international des ressources humaines à ESCP-Europe, illustre l’importance de s’intéresser à l’histoire d’un pays et à sa structure sociale, pour comprendre le fonctionnement de ses organisations.

Prendre le temps de l’immersion

A ceux qui espèrent tout apprendre dans les guides, Alexandre Moulin, brand manager pour l’Asie-Pacifique chez Renault, recommande de se méfier des idées reçues.

« S’assoir à la place qui est la sienne dans une salle de réunion au Japon est primordial, respecter la voie hiérarchique en Corée est fondamental »... s’il y a un fond de vérité derrière ces affirmations, Alexandre Moulin rappelle que celles-ci sont aussi « incroyablement réductrices ».

Comprendre l’autre est, en effet, une démarche complexe qui nécessite du temps et un fort investissement personnel.

Cette implication sur le long terme est essentielle mais souvent difficile à concilier avec l’urgence qui régit le temps de l’entreprise et avec les méthodes de gestion des ressources humaines des expatriés dans les grands groupes.

« Pendant 8 ans Volkswagen a perdu de l’argent en Chine et aujourd’hui la Chine représente 50 % du bénéfice mondial de Volkswagen » explique Eric Godelier. Les entreprises doivent donc se donner les moyens organisationnels et le temps nécessaires pour mener leurs projets sur la voie du succès.

Le 16/10/2014