Paris et Londres : deux métropoles européennes en compétition

Si Paris et sa région se trouvent en concurrence directe avec New York, Tokyo et Shanghai, la proximité géographique rend la compétition avec Londres encore plus vive, selon une étude du CROCIS, le centre d’observation régional de la CCI Paris Île-de-France. Zoom sur ces deux capitales européennes.

Une proximité en matière économique

Parmi les plus élevés d’Europe, leurs PIB par habitant sont très proches : 46 600(1) pour l’Île-de-France et 48 800(1) pour le Grand Londres. Et contrairement aux idées reçues, entre 2000 et 2013, le PIB francilien a crû de 43,3 % contre 32,4 % pour le PIB londonien ! Néanmoins, depuis 2011, les variations sont moins favorables à notre région.

Au niveau sectoriel, les deux métropoles ont des profils similaires, mais l’économie francilienne est plus diversifiée. Le poids du secteur financier est nettement plus conséquent dans la capitale britannique, qui mise désormais aussi sur le numérique et la high tech. Mais l’Île-de-France n’est pas en reste en matière de développement : le projet du Grand Paris, de par son ampleur, est en effet considéré comme le principal moteur de croissance de la région et même du pays.

Un contraste saisissant en matière d’emplois

Sur le plan de l’emploi, les deux régions sont aux antipodes ! Le taux de chômage dans le Grand Londres s’élève à 6,4 % au troisième trimestre 2015, son niveau le plus bas des années 2000, alors qu’il atteint 9,1 % dans la capitale francilienne, au plus haut depuis fin 1997. La productivité plus importante en Île-de-France explique en partie ces difficultés à relancer le marché du travail, tout comme la plus grande flexibilité du droit du travail britannique.

Quant à leurs populations, elles sont jeunes, puisque 40 % de leurs habitants ont moins de 30 ans. Et leurs revenus moyens sont quasiment identiques : 30 300 € en Île-de-France contre 31 500 € dans le Grand Londres.

Une attractivité inégale

Capitales politiques, économiques, technologiques, universitaires, médiatiques… l’Île-de-France et le Grand Londres concentrent les infrastructures qui attirent les investisseurs et les multinationales. Mais Londres bénéficie d’atouts spécifiques : sa « proximité » avec les Etats-Unis, sa langue, son secteur financier, son cosmopolitisme… et continue donc à faire la course en tête en matière d’investissements internationaux.

L’attractivité londonienne se caractérise aussi par le dynamisme de son immobilier de bureaux. En témoignent l’omniprésence des travaux et le taux de vacance dans Central London, au plus bas depuis 15 ans. Alors qu’en Île-de-France, même si La Défense a été profondément transformée, les évolutions sont moins évidentes, notamment dans Paris intra-muros.

Dans le secteur du tourisme, enfin, la concurrence entre les deux métropoles est de plus en plus prégnante. Mais l’Île-de-France conserve une large avance par rapport au Grand Londres en termes de fréquentation hôtelière et se positionne en leader à la fois du tourisme d’agrément et du tourisme d’affaires.

Consultez l’étude Paris et Londres : le face à face des deux principales métropoles européennes

(1) Données exprimées en Standart de Pouvoir d’Achat
 

Le 29/03/2016