Relance de l'immobilier : quoi de neuf, docteur ?

Baisse dans l’ancien, logements inaccessibles, chantiers au point mort… L’immobilier a le moral en berne. Au chevet de ce secteur en crise, Alain Dinin, le PDG de Nexity a répondu sans détours aux questions soulevées lors du 3e rendez-vous du Club La Tribune/CCI Paris Ile-de-France, le 12 avril. Quoi de neuf docteur ?

« Quels sont les opportunités et les dangers de l’immobilier cette année ? »  Sur ce thème, ô combien d’actualité, Alain Dinin argumente, chiffres à l’appui. Interrogé sur la tendance à la baisse dans l’immobilier ancien, il reste pragmatique : « Les  prix ont baissé de 1 à 2 % en 2012, ils vont chuter de 5 à 7 % cette année et sans doute encore de 3 % en 2014. Cependant, je ne crois pas à une baisse durable, en particulier dans les grandes zones urbaines comme l’Ile-de-France où la demande est supérieure à l’offre. En revanche, la baisse actuelle a un effet immédiat sur les comportements : les possesseurs de patrimoine, par sécurité, se réfugient sur des produits d’épargne ». 

Moins de 300 000 logements construits

Il n’empêche. La pénurie de logement reste une problématique centrale en France. « On va construire moins de 300 000 logements en 2013. C’est le point le plus bas des 50 dernières années. On est très loin des 500 000 logements visés par le président de la République actuel mais aussi par son prédécesseur ». Dans Paris, dans la petite couronne, voire dans la grande couronne, il faudrait construire 70 000 logements par an chaque année pendant les 15 prochaines années pour absorber le flux de population qui arrive en Ile-de-France estime le PDG de Nexity. « Or, on n'en crée que 34 000 » regrette-il.

Et la tendance n’est pas prête de s’inverser, semble-t-il. « Tel que c’est parti, il n’y aura pas de reprise de la production de logement cette année, ce qui est une mauvaise nouvelle pour le pays. 40 000 logements de moins à construire en 2013 par rapport à 2012, cela veut dire 2 milliards d’euros de TVA en moins dans les caisses de l’Etat mais aussi 1 500 emplois supprimés chaque semaine dans le bâtiment ». Si le diagnostic est sévère, les marges de manœuvre sont, quant à elles, plus que réduites au niveau des prix de l’immobilier, qu’il s’agisse des terrains, des coûts de la construction ou de la fiscalité.

Aux grands mots « de l’immo », les grands remèdes

« Il faut prendre des mesures autoritaires et durables. Si on ne le fait pas, le marché restera atone en terme de production de logement » estime Alain Dinin. «L’Etat doit inciter les investisseurs institutionnels à investir dans le logement neuf, en particulier dans le logement intermédiaire, réguler les prix des promoteurs et des terrains et, dans les grandes agglomérations, retirer l’autorité de permis de construire au maire. Il faut aussi construire des immeubles plus hauts en zone dense ».

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Le 01/04/2013