Tribune de Pierre Simon en soutien à la mobilisation des CCI

L'Assemblée générale de CCI France du 27 mai 2014 a adopté, à une très large majorité, au nom de la défense des entreprises, une motion de défiance vis-à-vis du Gouvernement. Pierre Simon, Président de Paris-Ile de France Capitale Economique, revient dans cette tribune sur la politique menée par la CCI Paris Île-de-France pour maîtriser ses coûts, développer ses ressources, investir et réaliser des économies. Plus largement, il rappelle l'intérêt des actions portées par les CCI de France pour le dévelopement économique.

Faut-il être encore vertueux?

La presse se fait l’écho de prélèvements massifs sur les ressources des Chambres de commerce et d’industrie, par l’Etat.

Il est évoqué l’appropriation par l’Etat de près d’un milliard d’euros sur leurs réserves et un abaissement de 32 % de leurs recettes fiscales annuelles en trois ans. Cette baisse s’additionne à celle déjà imposée au cours des 3 dernières années.

Mes commentaires ne se placent pas sur un plan juridique, encore que, j’ose espérer que l’Etat ne montrerait pas, lui-même, le mauvais exemple par le recours au détournement de procédure en s’attribuant une partie du patrimoine d’un établissement public, par le biais d’une réduction de sa ressource fiscale, l’incitant ainsi à présenter des comptes déficitaires pendant un ou deux exercices. Quel exemple pour le citoyen !

Mes commentaires se placent sur le plan de l’exemplarité, de l’efficacité et de la justice. J’ai présidé la CCI de Paris et la CCI de la Région Paris Île-de-France pendant six ans. Avec l’ensemble des élus, nous n’avons eu de cesse d’être exemplaires. Pierre-Antoine Gailly et son équipe, que je sache, se situent, depuis trois ans dans la même ligne.

Exemplaire, cela veut dire être irréprochable dans sa gestion : maîtriser ses coûts, développer ses ressources, dégager un cashflow suffisant pour se désendetter tout en investissant massivement. Nous avons eu le courage de mettre fin à un régime spécial de retraites ; que l’on me dise ce qu’il en est des régimes spécifiques d’autres grands établissements ou sociétés publiques ?

Nous avons fusionné des écoles en dépit des réserves d’anciens. Nous avons rapproché nos équipes d’études économiques du COE pour bâtir COE-Rexecode, là encore en dépit d’oppositions fortes. Nous avons décidé, même si c’était un arrachement pour beaucoup d’intégrer l’ensemble de nos activités de congrès et salons au sein de Viparis, au bénéfice de la Région Capitale. Nous avons bousculé toutes les équipes pour développer le chiffre d’affaires. Ces efforts ont conduit à un cashflow qui a permis de se désendetter.

J’ajouterai enfin que nous avons été exemplaires dans les réformes de structure, en anticipant sur la régionalisation. Nous savons tous qu’il n’y a pas de vraies économies, de vraies synergies sans fusion. Avec une détermination farouche, nous avons milité pour que le législateur décide de la création d’une Chambre unique dans la région Paris Île-de-France. Il l’a fait. Où en est, à ce jour, la réforme des collectivités locales ?

Les économies liées aux fusions ont été au rendez-vous.

Pierre-Antoine Gailly et les élus qui l’entourent les ont réalisées, sans bruit. Et là encore, que l’on me dise la seule administration publique ou collectivité locale qui aura réalisé des ajustements de l’ampleur de ce qui a été fait par la CCI de la Région Paris Île-de-France au cours des dernières années.

Oui, notre pays doit se réformer. Oui, notre pays doit réduire ses dépenses. Oui, les Chambres doivent accélérer leurs réformes de structure. Oui, elles doivent apporter leur contribution.

Mais faut-il continuer à se dévouer au service du développement économique de sa Région, si, quand des efforts considérables ont été menés, les résultats sont engrangés, les efforts oubliés et les compteurs remis à zéro.

Faut-il continuer à se dévouer quand les efforts demandés sont totalement disproportionnés à ceux imposés aux autres entités publiques ? Faut-il continuer à se dévouer quand les entreprises, elles-mêmes, sont dépouillées car n’oublions pas que seules les entreprises financent les Chambres. Leurs actifs devraient leur appartenir. Faut-il continuer à se dévouer quand on a le sentiment d’être humilié ?

J’en viens à me demander s’il convient, encore, d’être vertueux, de servir les territoires au travers des entreprises qui en font la richesse.

J’ose espérer que par le dialogue, l’Etat et le monde des entreprises, regroupées au sein des Chambres, sauront trouver un équilibre d’efficacité et de justice. Sinon, ce serait faire peu de cas de l’engagement de millions d’entrepreneurs bénévoles, élus des Chambres. Rappelons-nous qu’il est toujours plus facile de défaire que de faire.

Que le sens des responsabilités l’emporte.

Pierre Simon, Président de Paris-Ile de France Capitale Economique

Lire la motion de défense des entreprises par les CCI, inscrite dans la défiance vis-à-vis du Gouvernement.

Le 28/05/2014