Trois questions à Didier Kling, président de la CCI Paris Île-de-France

Vous venez d’être élu Président de la CCI Paris Île-de-France dans un contexte difficile, quel sera votre 1er challenge immédiat ?

Entre 2013 et 2016, la CCI Paris Île-de-France a subi une diminution massive et brutale de ses ressources décidée par l’Etat, atteignant 300 M€. Pour y faire face, elle a pris d’importantes mesures de restructurations et de restrictions : suppression de 1000 postes, fermeture de sites, activités revues à la baisse, réduction des investissements… Elle est ainsi parvenue, au prix de décisions difficiles, à rétablir l’équilibre de son exploitation. Les conditions sont donc désormais réunies pour retrouver de la visibilité et développer de nouveaux projets, sous réserve d’une stabilisation de nos ressources.

Or, le projet de loi de finances 2017 prévoit de les amputer de 14 M€ supplémentaires. Si le Gouvernement ne renonce pas à cette nouvelle ponction qui, je le précise, ne sera pas restituée aux entreprises mais servira à alimenter le budget de l’Etat, la CCI Paris Île-de-France sera contrainte d’interrompre de nombreux investissements et projets qui toucheront en priorité l’implantation des écoles dans les départements d’Île-de-France. La formation des jeunes et des adultes, pourtant prioritaire, en sera dégradée, et les services aux entreprises s’en trouveront également affectés.

Quelle est votre ambition pour les 5 ans à venir ?

Je suis déterminé à mener une mandature de combat au service des entreprises de la région capitale. Les élus de la CCI occuperont totalement leur rôle d’acteurs et de décideurs de la vie et de l’avenir de nos entreprises, de nos jeunes et de nos territoires.

Dans les instances régionales et territoriales, dans les organismes et établissements dans lesquels nous siègerons, dans les partenariats qui seront conclus, partout, nous porterons haut et fort la voix des entreprises. Il faudra davantage détecter et faire remonter leurs attentes aux plans financier, fiscal, social, en termes de compétences et les traduire dans les plans d’actions que nous définirons au service du commerce, de l’industrie, des services, de la formation et de l’emploi.

Et quelles sont vos priorités d’action ?

Pour mieux répondre aux attentes des entreprises, nous devons travailler sur le terrain, au plus près de leurs besoins, pour qu’elles puissent davantage tirer profit des projets menés en Île-de-France, travaillent dans des conditions simplifiées et soient mieux écoutées au quotidien.

A titre d’exemple, je ferai du digital la marque de fabrique de mon mandat, que ce soit pour l‘accompagnement des entreprises ou pour la formation. Mise en œuvre d’applicatifs pour simplifier la vie des entreprises, actions de digitalisation des commerces, ouverture d’espaces de co-working, développement des MOOC… seront donc au programme.

Pour accompagner le développement de nos territoires, je poursuivrai la stratégie de partenariats avec la Région, la Métropole, les nouvelles intercommunalités… dans une logique d’alliances et de complémentarité. La CCI Paris Île-de-France se prononcera sur tous les grands projets de la région capitale et y participera dès lors qu’elle le jugera utile pour les entreprises et les territoires.

Je veux aussi multiplier les partenariats opérationnels avec les fédérations professionnelles, les organisations patronales, les pôles de compétitivité… car nous pouvons trouver de multiples terrains de coopérations gagnant/gagnant.

Je souhaite également renforcer nos actions de formation pour répondre toujours mieux aux besoins des entreprises et favoriser l’emploi. La CCI Paris Île-de-France forme chaque année plus de 60 000 étudiants, apprentis et salariés aux défis de demain, avec d’excellents taux d’insertion professionnelle, puisque 84 % de nos jeunes trouvent un emploi dans les 7 mois suivant leur sortie de l’école. Nous devons donc poursuivre dans cette voie et continuer à faire de l’apprentissage, le mode prioritaire de formation des jeunes de nos écoles.

 

Le 05/12/2016