Grand Paris des Transports : la SNCF à l’heure des grands travaux

L'interview du mois
De l’intégration du Grand Paris Express à l’extension de la ligne EOLE en passant par la modernisation du réseau francilien et le projet de liaison CDG Express, le Grand Paris des transports est en bonne voie. Didier BENSE, directeur SNCF Réseau IDF nous en dévoile les principaux enjeux économiques.
  • La SNCF est entrée,  cette année, dans une phase de développement du réseau francilien. Quels sont les enjeux  mais aussi les principaux défis de ces chantiers?

Notre objectif est de proposer, à l’horizon 2025, un réseau de transport qui permette plus de débit, plus d’interconnexions et de fluidité du trafic. Cela comprend naturellement l’intégration du Grand Paris Express dans le réseau de transport francilien mais aussi la mise en place d’un réseau de tram-trains à l’interface de la première et de la deuxième couronne parisienne. Un premier maillon a été mis en service cette année avec le Tramway T 11. Dans le cadre du projet EOLE, nous allons également prolonger la ligne E à l’Ouest avec une section nouvelle entre les gares de Saint-Lazare et Nanterre puis, à l’horizon 2024, vers Mantes-la-Jolie. Le projet CDG Express est aussi un élément très significatif de notre plan de développement. Cette nouvelle ligne permettra de relier directement l’aéroport de Roissy à la gare de Paris Est à partir de 2024. Cette échéance, c’est aussi celle des JO qui s’imposent désormais dans le calendrier de nos travaux.

©Bernard BAUDIN

  • Le nombre de voyageurs ne cesse de croître en Île-de-France (+ 3,5% au 1er trimestre 2017). Comment analysez-vous ce phénomène?

Le développement de la métropole et l’amélioration de l’offre de logement attire une population toujours plus nombreuse en Île-de-France et génère également des besoins de transport nouveaux, notamment de banlieue à banlieue. On assiste par ailleurs à un mouvement de décongestion des centres villes qui pousse de plus en plus d’usagers à délaisser leur voiture et à prendre les transports en commun. L’amélioration de la  qualité de service au quotidien est donc un vrai défi pour nous.

  • Des travaux conséquents de régénération et de modernisation sont d’ailleurs réalisés sur le réseau existant. Quelles sont vos priorités ?

En Île-de-France, la congestion ferroviaire est devenue une vraie problématique. Il y a aujourd’hui trop de fréquentations et trop de trains par rapport à la capacité actuelle de nos outils d’exploitation. Pour mieux gérer les incidents quotidiens et réguler le trafic, nous devons à la fois rajeunir le réseau, pour le rendre plus robuste, et entamer une modernisation de nos outils. L’objectif est de parvenir à un système de contrôle unifié permettant de suivre tous les trains, et de généraliser la commande automatique d’aiguillage, à l’image de ce qui se fait déjà dans le métro.

©Christophe RECOURA

  • Plus de logements construits à l’Est de Paris et d’avantage de bureaux  à l’Ouest de la capitale…  De tels déséquilibres urbains ne contribuent-ils pas également à maintenir le réseau de transport francilien sous haute tension ?

C’est tout le défi du projet métropolitain du Grand Paris et plus globalement celui de la région : comment mieux travailler la mixité d’usage des territoires et rapprocher le logement des bassins d’emplois ? Cette question ne pourra cependant se traiter que dans la durée. Il existe déjà des pôles en plein essor comme à Roissy ou Saint-Denis mais leur développement à long terme doit nécessairement s’accompagner d’une meilleure offre en transport en commun. Cela passe naturellement par la réalisation de CDG Express mais aussi par une amélioration de la qualité de service sur le RER.

  • Le Grand Paris Express va améliorer sensiblement la vie des usagers franciliens. C’est aussi un formidable vecteur de développement économique territorial, en particulier autour des nouvelles gares d’interconnexion…

Le Grand Paris Express va connecter des pôles déjà existants et qui connaissent déjà une certaine dynamique, c’est le cas  notamment à la Défense, Issy-les-Moulineaux et Saint-Denis. Ce nouveau réseau peut aussi favoriser l’émergence de nouveaux pôles avec un effet de polarisation urbaine autour de la gare qui va devenir multimodale, connectée à la ville. Cela suppose naturellement qu’il y ait une vraie volonté politique de la ville, de la communauté de commune et de la région d’accompagner l’arrivée de la gare par du développement local, ce que l’on commence déjà à observer autour d’un certain nombre de gares.

  • Les PME souhaitent prendre une part active à la réalisation des chantiers du Grand Paris mais n’ont pas toujours le bon mode d’emploi pour se positionner sur ces marchés. Vous êtes précisément partenaire  du dispositif  CCI Business Grand Paris mis en place par la CCI Paris Île-de-France. Qu’en attendez-vous ?

Nos grands chantiers, en particulier les travaux souterrains, s’adressent plus spécifiquement aux grands groupes mais nous avons, à côté de cela, beaucoup de marchés inférieurs à 1 M€  qui sont tout à fait accessibles aux PME. Un grand nombre de ces contrats leur sont d’ailleurs attribués. Ce que nous attendons principalement, à travers ce partenariat CCI Business Grand Paris c’est une meilleure mise en perspective de nos travaux et de nos besoins  et éventuellement une mise en relation avec ce tissu de PME.

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Le 14/12/2017