Innov’up : un dispositif régional au service des entreprises innovantes

Financement de l'innovation
Les différentes aides de la Région Île-de-France dédiées aux entreprises innovantes sont désormais regroupées sous le sigle Innov’up. Un dispositif de soutien qui se décline à toutes les étapes du processus d’innovation depuis la phase d’études jusqu’aux tests grandeur nature avant la mise sur le marché. La CCI Paris Île-de-France informe les entreprises sur ces différentes aides et les accompagne dans leurs démarches.

Le but d’Innov’up est de soutenir les entreprises innovantes sur l’ensemble de leur parcours, de l’idée à la commercialisation. Le dispositif régional se décline à travers quatre aides financières :

  • Une aide à la faisabilité, pour valider l’opportunité de son projet d’innovation.
  • Une aide au développement, pour réaliser son projet d’innovation.
  • Une aide au prototypage, pour créer un prototype.
  • Une aide à l’expérimentation, pour tester son innovation et se confronter aux usages avant la mise sur le marché.

Innov’up Faisabilité est ouverte aux TPE, PME et laboratoires de recherche à but non lucratif, implantés en Île-de-France et tout secteur d’activité confondu. « Cette subvention, cofinancée par la Région et Bpifrance, est destinée à soutenir l’entreprise dans la préparation et la maturation de son projet de développement, donc dans la phase d’études amont », souligne Vivien LACONE, responsable Développement financement innovation à la CCI Hauts-de-Seine.

Concrètement, Innov’up Faisabilité peut subventionner, par exemple, des dépenses internes et externes d’études de faisabilité technico-économique, des études de positionnement stratégique, une étude en matière de propriété industrielle, de design, la définition des spécifications fonctionnelles d’un projet… Innov’Up Faisabilité subventionne, dans ce cadre, jusqu’à 50 % des dépenses de l’entreprise et jusqu’à 70 % s’il s’agit d’un projet industriel ou si l’entreprise à moins d’un an d’existence.

A l’instar d’Innov’Up Faisabilité, Innov’up Développement soutient des projets dans la phase amont mais les critères d’attribution, de même que le montant de la subvention, ne sont pas de même nature. Cette aide de la Région et de Bpifrance, exclusivement réservée cette fois-ci aux PME, peut aller jusqu’à 100 000 €, avec un abondement possible jusqu’à 1 M€ sous forme d’avance remboursable.

Le taux de prise en charge varie par ailleurs en fonction de la nature du projet et de la taille de l’entreprise (de 25 % à 50 % maximum). Sont concernées les dépenses externes (investissements immatériels, prestations de service) ou les dépenses internes (personnels affectés au projet). « Cette aide est plutôt accordée à des projets qui, au-delà de leur aspect technique et commercial, ont une éthique RSE », ajoute Vivien LACONE.

Au-delà de la phase d'études, les entreprises  doivent nécessairement modéliser leur projet puis le tester dans des conditions réelles d’expérimentation avant de le commercialiser. Pour soutenir ces entreprises  sur ces deux étapes cruciales d’un développement, la Région a mis en place une nouvelle aide : Innov’up Prototypes.

Innov’Up Prototypes est destinée à financer la création d’un prototype innovant du point de vue technologique, de nouveaux types de contenus, de services ou nouvelles pratiques numériques. Cette subvention régionale est exclusivement réservée aux PME et aux TPE ayant au minimum un an d’existence. Les entreprises peuvent bénéficier d’une subvention maximum de 100 K€, le taux de prise en charge des dépenses variant selon la taille de l’entreprise (45 % pour les TPE et 35 % pour les PME).

« L’octroi de cette aide est toutefois assorti de certaines conditions, précise Vivien LACONE. Pour être éligible, l’entreprise ne doit pas avoir bénéficié de plus d’une aide régionale dans le cadre de cet appel à projets. Elle ne peut également présenter qu’un seul projet par structure. L’entreprise doit également s’engager à recruter des stagiaires dans le cadre de la mesure régionale 100 000 stages pour les jeunes franciliens ». Le dossier doit aussi s’inscrire dans la thématique de l’appel à projets lancé par la Région.

Dernier volet du dispositif, Innov’up Expérimentation a été conçue par la Région et Bpifrance pour permettre à des TPE-PME ou ETI localisées en Île-de-France de tester le produit qu’elles ont développé en grandeur réelle sur une période de 6  à 18 mois maximum. « C’est en quelque sorte l’antichambre avant la commercialisation et la production », souligne Vivien LACONE.

L’expérimentation doit nécessairement être réalisée dans le cadre d’un partenariat effectif avec un lieu (une commune par exemple) ou un territoire situé en Île-de-France. L’entreprise doit par ailleurs faire appel à un organisme externe, indépendant à tous points de vue, pour évaluer les résultats du test. Par exemple, un laboratoire public ou privé, un cabinet de consultant, une association spécialisée dans le domaine concerné. Jusqu’à 100 K€ HT en subvention et 1 M€ en avance sur recettes peuvent être accordés à l’entreprise. Le taux de prise en charge dépend de la nature du projet. Dernier point enfin, les dossiers doivent naturellement correspondre aux thématiques fixées par la Région dans le cadre de ses appels à projets.

La CCI vous accompagne

La CCI Paris Île-de-France conseille les entreprises qui souhaitent se porter candidates à ces différentes aides régionales. «  Notre rôle consiste tout d’abord à vérifier si l’entreprise remplit bien tous les critères fixés pour l’aide visée, explique Vivien LACONE. « Cette première étape évite bien souvent à une TPE ou une PME de perdre du temps dans la préparation d’un dossier qui, dès le départ, ne sera pas recevable, parce que l’entreprise est trop jeune ou ne répond pas à tous les critères d’éligibilité. »

« Ces aides, il convient également de le rappeler, sont destinées à subventionner des dépenses à venir et non des programmes déjà réalisés. Si l’entreprise est éligible à l’une des subventions Innov’up, nous l’aidons alors à structurer sa demande de financement, soit en relecture soit en l’accompagnant dans la rédaction de son dossier. Si l’entreprise ne répond pas aux critères requis, nous pouvons éventuellement l’orienter vers d’autres types d’aides mieux adaptées à sa situation comme TP’up ou le CIR par exemple. »

La Région propose également, en plus du dispositif Innov’up, une aide aux projets collaboratifs. Celle-ci vise à favoriser les projets entre laboratoires de recherche et entreprises, et à permettre le développement de nouveaux produits ou services à fort contenu innovant. Pour bénéficier de cette aide, les projets doivent être nécessairement labellisés par l’un des 8 pôles de compétitivité régionaux : Systematic Paris-Région, Medicen, Cap Digital, Advancity, Mov’eo, Finance Innovation, Cosmestic Valley, ASTech Paris Région.

 

Heaume, sweet heaume

François Jaubert a créé, il y a quatre ans, The Keepers, un service de consigne automatique spécifiquement dédié aux casques motos.

«  Lors d’un voyage en Asie, j’ai vu des consignes automatiques pour déposer des parapluies. Je trouvais cela vraiment intéressant de pouvoir dédier une consigne à un objet précis. J’ai essayé d’introduire ce type de service en France, mais très vite, je me suis rendu compte qu’il y avait plutôt un vrai besoin pour les casques moto. Les gens se déplacent de plus en plus en deux roues pour éviter les bouchons. Un casque, c’est cependant encombrant, fragile, mais aussi très cher et les risques de se le faire voler sont assez élevés. »

De là est né The Keepers, un service de consigne pour casques moto. «  Nos clients mettent en place le service sur un modèle économique de prestation de service. Ils nous louent les bornes et ils les mettent gratuitement à la disposition des visiteurs. »
L’entreprise a d’abord lancé un premier modèle de consigne destiné aux centres commerciaux, cinémas, gares ou aéroports. Elle a ensuite souhaité passer à la vitesse supérieure en s’orientant vers le marché de l’évènementiel.

« Nous partions cependant d’une page blanche. Il nous fallait en effet concevoir de A à Z un nouveau produit spécifiquement adapté aux salles de concert ou aux stades et trouver des sources de financement possibles pour son développement », précise François Jaubert.

« La CCI Hauts-de-Seine nous a tout d’abord aidés à identifier les financements sur lesquels nous étions éligibles, puis nous a orientés vers l’aide régionale AIMA (Aide à la maturation de projets innovant), aujourd’hui appelée Innov’Faisabilité, la plus pertinente par rapport à notre situation et à nos chances d’aboutir » précise François Jaubert.

« Nous avons bossé main dans la main avec la CCI sur le montage du dossier, sa présentation et la préparation de notre intervention pour convaincre la Région et Bpifrance et obtenir les financements. »

 

 

Le 24/03/2017
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