PME-PMI : et si vous réduisiez votre facture énergétique ?

Diagnostic énergétique & Certification ISO 50 001
Les défis de la transition énergétique s’imposent de plus en plus aux entreprises, quel que soit leur taille. Des défis trop souvent perçus comme de nouvelles sources de contraintes par bon nombre de dirigeants. Pourtant, si l’optimisation des consommations d’énergie a un coût, elle permet de réaliser de substantielles économies dans la durée et de gagner en compétitivité. Grâce au dispositif Perf‘Énergie, les PME-PMI d’Île-de-France peuvent bénéficier de l’aide de consultants spécialisés pour réaliser un diagnostic énergétique et s’engager vers la certification ISO 50 001.

Cofinancé par la Région Île-de-France et l’ADEME, Perf‘Énergie est un dispositif d’accompagnement co-piloté par la CCI Paris Île-de-France et la CCI Essonne.

«  L’objectif de ce programme est d’accompagner les PME franciliennes pour améliorer l’ l’efficacité énergétique de leurs locaux mais aussi de leurs process», souligne Brigitte DAUZAT, coordinatrice régionale à la CCI Paris Île-de-France.

Perf‘Énergie comprend deux étapes : la réalisation d’un diagnostic énergétique puis l’accompagnement de l’entreprise vers la certification ISO 50001.

« La première étape consiste à faire un audit de la consommation détaillée d’énergie de l’entreprise puis d’établir un plan d’action pour améliorer les performances énergétiques de l’entreprise, optimiser ses pratiques, la performance de ses équipements, ses contrats de fourniture d’énergie… La deuxième étape consiste à mettre en place un programme de management de l’énergie pour une amélioration continue des consommations énergétiques », souligne Guillaume DELAGE, Chef de projet Développement durable à la CCI Essonne.

Le diagnostic énergétique

Le diagnostic énergétique se déroule en quatre phases. Dans un premier temps,  l’entreprise se charge de collecter les données énergétiques de ses bâtiments. « Une évaluation sur les trois dernières années permet d’avoir une idée plus précise des consommations moyennes de l’établissement », précise Brigitte DAUZAT.

Dans un second temps, le cabinet d’étude mandaté par la CCI, se déplace dans l’entreprise avec toute une batterie d’appareils de mesure.

« Cette visite sur site permet d’évaluer la qualité des installations, d’identifier, par exemple, à l’aide de caméras thermiques les déperditions d’énergie ou d’effectuer avec des pinces ampèremétriques des mesures de consommation, poste par poste très précises, ce que l’entreprise peut difficilement réaliser par elle-même. Un grand nombre d’entre-elles n’ont souvent d’ailleurs qu’un seul compteur électrique pour l’ensemble de leur bâtiment », explique Guillaume DELAGE.

Le bureau d’étude analyse ensuite les données recueillies pour réaliser un rapport intermédiaire avec l’état des lieux des consommations et des propositions d’action qui pourront être étalées dans le temps par l’entreprise.

« Léclairage et le chauffage sont les deux premières sources d’économie potentielles. Et lorsque les systèmes sont assez anciens, les retours sur investissements peuvent être très rapides. Grâce aux préconisations de notre diagnostic, une entreprise que nous avons auditée va ainsi pouvoir faire chuter sa facture énergétique de 75 % avec un retour sur ses investissements inférieur à 5 ans », souligne Brigitte DAUZAT.

Pour certaines PME-PMI, repenser ses process industriels permet aussi de faire baisser sensiblement sa facture énergétique. « Nous avons eu ainsi le cas d’une entreprise qui laissait tourner ses compresseurs à la même puissance 24 h sur 24 alors qu’elle ne s’en servait ni le soir, ni le week-end ou d’une enseigne de la grand distribution qui utilisait toute la journée dans sa boulangerie ses grands fours alors qu’elle pouvait très bien utiliser l’après-midi des appareils de taille plus réduite, moins gourmands en énergie », souligne Guillaume DELAGE.

L’amélioration de l’isolation thermique des locaux constitue également une autre piste d’économie d’énergie même si les retours sur investissements sont toutefois plus longs. « Une entreprise qui envisage par exemple de rénover ses locaux a donc tout intérêt à intégrer un volet « diagnostic énergétique » dès le départ dans sa démarche. Ce diagnostic lui permettra en effet de disposer d’une réflexion globale sur son projet, à la fois sur le bâti mais aussi sur ses process industriels », nous explique Brigitte DAUZAT.

Quatrième et dernière étape du diagnostic, la restitution du rapport à l’entreprise permet d’échanger avec le dirigeant sur le plan d’actions préconisé. Ce plan propose des solutions pour optimiser les pratiques de l’entreprise, la performance de ses équipements, la mise en œuvre d’énergies de récupération et renouvelables, et l’isolation thermique des bâtiments en cohérence avec la stratégie de l’entreprise.

Pour chacune des actions préconisées, le diagnostic déterminera le cas échéant l’investissement prévisionnel, les économies énergétiques et financières, le temps de retour sur investissement.

« Ce dialogue permet d’échanger non seulement sur les solutions proposées, leur impact financier  mais aussi sur les degrés de priorité et les moments les plus opportuns pour réaliser tel ou tel type de  travaux », insiste Brigitte DAUZAT.

Une journée d’accompagnement portant sur l’ingénierie financière du projet est également proposée en option à l’issue de ce diagnostic. Cette démarche permet à l’entreprise  d’identifier les aides envisageables pour financer les travaux retenus et d’évaluer la rentabilité globale de son projet.

Vers la certification ISO 50 001

Les technologies et les normes évoluent. Au-delà de ce diagnostic et de son plan d’action ponctuel,  l’entreprise a parfois tout intérêt à prolonger et actualiser sa démarche par la mise en place d’un plan d’amélioration en continu des dépenses d’énergie. C’est tout l’objet du second volet du programme Perf ‘Energie. Son objectif ? Accompagner l’entreprise dans la création d’un Système de management de l’énergie (SME) selon la norme ISO 50 001.

«  Cette norme à laquelle se sont tout d’abord intéressées les grandes entreprises  peut aussi parfaitement s’appliquer à des PME qui ont des consommations importantes d’énergie, notamment dans l’industrie », précise Brigitte DAUZAT.

Des aides incitatives

Les PME-PMI qui souhaitent effectuer un diagnostic énergétique ou être accompagnées pour obtenir la certification ISO 50001 peuvent bénéficier de la prise en charge d’une partie du coût du programme.

« Pour le volet Diagnostic énergétique, la subvention de la Région Île-de-France représente 80 % du montant de la prestation. L’ADEME, de son côté, prend à sa charge 70 % du coût de l’accompagnement ISO 50 001 », précise Brigitte DAUZAT.

Se préparer dans les meilleures conditions

Perf ‘Energie est destiné à faciliter la préparation des PME-PMI à la mise en œuvre de la Loi Transition Energétique et à ses nombreuses dispositions. Si les grandes entreprises ont été les premières concernées par l'application de cette loi, un grand nombre de mesures se sont étendues progressivement, du fait de l’abaissement des seuils, à des entreprises de plus petites tailles.

Dernière disposition en date, le décret 2017-918 du 9 mai 2017 dont l’entrée en vigueur est prévue le 1er juillet 2017 oblige ainsi les entreprises tertiaires disposant de locaux de plus de 2000 m2 (bureaux, commerce, entre autres…) à améliorer de 25 % leur performance énergétique à l’horizon 2020 et de 60 % par rapport à leur consommation de référence à l’horizon 2050. 

«Les PME-PMI ont donc tout intérêt à prendre les devants dès maintenant et ce d’autant plus qu’elles peuvent encore bénéficier aujourd’hui, avec des programmes comme Perf ‘Energie,  de conditions avantageuses sur le plan financier. Lorsque les dispositions prévues par la loi prennent un caractère obligatoire, un grand nombre de subventions tendent à disparaitre. Il est donc urgent d’agir », insiste Brigitte DAUZAT.

En savoir plus sur :

Le programme Perf‘Énergie
La Norme ISO 50 001
 

Un programme co-financé  par  :

 

Le 21/06/2017
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