Quelles pistes de développement pour le Grand Orly ?

Ouvert sur l’Europe mais aussi proche de la capitale et de pôles économiques majeurs comme Rungis, Saclay ou Evry, le Grand Orly ne manque pas d’atouts. Une meilleure desserte locale et internationale, des conditions d’accueil plus favorables aux entreprises et aux salariés conditionnent toutefois l’amorce d’une vraie dynamique sur ce territoire. Un constat partagé par les différents participants à la table ronde organisée le 14 novembre par la CCI Val-de-Marne.

 « On estime qu’en Île-de-France, ¼ des emplois sont créés autour de la plate-forme de Roissy. Un million de passagers en plus génère en moyenne 5 000 emplois nouveaux », rappelle Jean-Luc Biacabe, directeur du pôle Politiques économiques et financières à la CCI Paris Île-de-France.

Le deuxième pôle économique francilien peut-il s’inscrire dans la même dynamique, lorsque l’on connait les contraintes spécifiques de son aéroport ? Franck Meyrede, le directeur de l’aéroport, se montre optimiste :  « Orly est certes limité en nombre d’avions - pas plus de 250 000 décollages et atterrissages par an - mais pas en nombre de passagers. L’année dernière, nous avons accueilli environ 1 million de passagers de plus par rapport à l’année précédente avec le même nombre de mouvements d’avions mais avec des avions plus remplis. »

Connectivité : un enjeu pour le territoire

Une optimisation qui permet également à la plate-forme de libérer d’avantage de créneaux pour les destinations internationales : « En 10 ans nous sommes passés de 60 % du trafic lié à la métropole à 40 % et tout cela au profit de l’Europe : 30 % du trafic passager, 8 à 10 % de croissance. Cette connectivité-là, c’est un enjeu pour ce territoire », précise Franck Meyrede.

Pour le directeur de l’Aéroport d’Orly, les deux aéroports franciliens ne sont pas concurrents mais plutôt complémentaires. Un avis partagé par Daniel Béhar, professeur à l’Institut d’urbanisme de Paris : « Orly, ce n’est ni Roissy, ni La Défense. L’aéroport est à seulement 5 km de Paris. Prolongement naturel de la capitale, son économie est tournée vers la métropole mais sa vocation est aussi d’être un hub européen. Tout l’enjeu, c’est de savoir comment cette plate-forme peut tirer son épingle du jeu dans une forme de triangulation entre Paris et Saclay et dans une articulation entre le dedans et dehors. »

Le Plateau de Saclay, les centres de recherche, le Genopole d’Evry, l’opération Cœur d’Orly, la croissance du parc Icade Silic et des projets emblématiques comme la Cité la Gastronomie ou le centre de congrès sont autant de pôles de croissance qui peuvent entrer en résonance et faire du Grand Orly, la porte d’entrée du Sud de l’Île-de-France estime Dominique Giry, président du Conseil de développement du Val-de-Marne (CODEV).

Créer des conditions favorables au développement

« Tous les acteurs et les collectivités locales ont un rôle très structurant à jouer pour faire en sorte que ce potentiel serve à la création de richesse » souligne pour sa part Christian Hervy, président de l’association des communes et communautés du Grand Orly. « L’accélération de la desserte d’Orly par le Grand Paris Express, pour laquelle nous nous sommes battus avec le soutien des acteurs économiques et de la CCI, et l’extension de la ligne T7 jusqu’à Juvisy nous permettrons de disposer d’un pôle de correspondances extrêmement puissant sur Orly et sur Chevilly-la-Rue. Il est également important de disposer sur le territoire d’un habitat diversifié permettant d’accueillir toutes les catégories de salariés et de les rapprocher de leurs pôles d’emploi. L’effort doit aussi porter sur l’accueil et les conditions d’installation des entreprises sur le territoire. Le CDT comporte un objectif raisonnable de construction de 340 000 m2 de bureaux supplémentaires. » 

« Un aéroport, c’est un mélange de facilités, c’est de la connectivité, de l’activité économique et de l’emploi mais c’est aussi certaines gênes. Tous les acteurs doivent prendre en compte tous ces paramètres. Orly sera ce que collectivement on voudra qu’il soit et plus nous serons clairs et cohérents collectivement, plus les entreprises auront de la visibilité pour y développer du business et de l’emploi »,  conclut Franck Meyrede.

Le 22/01/2015