Entre France et Afrique, une invitation au voyage – Interview d’Oumar Cissé, fondateur de Panamako

Créateur de la marque Panamako, Oumar Cissé a souhaité établir, telle une bouteille à la mer, un pont entre l’Afrique et l’Europe à travers de savoureuses boissons naturelles en parfaite osmose avec ces deux continents. Formé à l’ESSEC Business School où son projet a mûri, ce jeune entrepreneur d’origine sénégalaise, mais aussi citoyen du monde, est accompagné depuis deux ans dans le développement de son activité par la CCI Val-de-Marne.

Comment est né Panamako ?

Après un parcours dans l’industrie, j’ai effectué un Mastère entrepreneuriat à l’ESSEC. C’est en travaillant sur mon projet d’étude que cette idée de création d’entreprise a mûri. Tout est parti d’un constat.

Il y a un certain engouement pour les produits exotiques en France, mais l’Afrique subsaharienne est quasiment absente de ce marché. Alors même que nos boissons à base d’hibiscus, de baobab ou de moringa, notamment, ont beaucoup d’atouts, tant au niveau du goût, de la qualité nutritionnelle que des bienfaits pour la santé.

Je me suis dit qu’il y avait des opportunités sur ce marché encore peu exploité. Avec Panamako, j’ai voulu, en partant des recettes traditionnelles, revisiter ces produits plutôt que de me contenter d’importer des produits existants, en y associant par exemple des ingrédients locaux comme la pomme et en travaillant sur les saveurs et l’équilibre calorique pour mieux coller aux attentes et aux palets des consommateurs européens.

Votre entreprise se veut également vertueuse sur le plan environnemental…

En effet.  C’est un critère qui compte de plus en plus pour le consommateur, surtout sur ce marché. Nous travaillons à partir de produits issus, soit de l’agriculture raisonnée, soit de l’agriculture bio et en circuit court avec les différents producteurs que ce soit en Afrique ou en France. 

Monter une telle entreprise, c’est compliqué ? 

Le plus difficile, c’est surtout de mûrir son idée et de trouver les bons fournisseurs. Mais le processus de création, une fois le projet validé, n’est pas si compliqué en soit. L’ESSEC a mis à ma disposition toute une série d’informations, mais aussi un réseau de contacts qui m’ont permis, au démarrage, d’aller beaucoup plus vite sur certains sujets. 

Comment la CCI Val-de-Marne vous accompagne-t-elle dans votre développement ?

Grâce à la CCI, j’ai intégré début 2018, Rungis & Co. L’incubateur m’a aidé dans la finalisation de mon offre et de mon plan d’action commerciale. Il m’a également mis en  relation avec certains distributeurs du MIN de Rungis. Plutôt que d’aller frapper à toutes les portes, j’ai pu ainsi rencontrer tout de suite des interlocuteurs qualifiés, ce qui m’a permis de gagner un temps précieux. 

Dans la cadre du dispositif Entrepreneur#Leader, je suis accompagné par la CCI en post-création.  J’ai suivi plusieurs ateliers, en particulier sur le recrutement ou le démarchage commercial. Ce sont des modules de formation très opérationnels qui portent véritablement sur la gestion quotidienne de l’entreprise.

Par ailleurs, en rejoignant le Club AgroAlia , j’ai pu développer mon réseau, rencontrer d’autres créateurs d’entreprise de la filière agroalimentaire qui ont parfois les mêmes problématiques que les miennes, ou entrer plus facilement en relation avec des acteurs majeurs de la distribution.

Quels sont vos circuits de distribution ? 

Nous travaillons aujourd’hui avec de nombreux cafés-hôtels-restaurants, des bars à salade, des magasins bio, tous ces lieux qui sont dans la nouvelle tendance du mieux manger. Nous diffusons également nos produits sur internet via plusieurs plateformes de vente en ligne. Notre marché est pour l’instant plutôt métropolitain, mais nous avons déjà signé avec un distributeur en Belgique. Nos produits seront aussi bientôt diffusés aux Antilles et à La Réunion.

 

Le 04/03/2020